Sur le dos du petit escargot

Le 01 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

Tout vient à point à qui sait attendre… Cette drôle de théière ornée d’un escargot rejoint les collections du musée des Arts décoratifs.

Alphonse Debain (orfèvre à Paris de 1883 à 1911), théière en vermeil fondu à décor de ceps de vigne, gerbes de blé, pampres, feuilles, corps en forme de potiron, bec verseur figurant un escargot, 1900, h. 19,1 cm, poids 363 g. 
Adjugé : 38 400 

Ce n’est pas le musée d’Orsay qui enrichissait son département art nouveau de cette rare et étonnante théière en vermeil, fondue en 1900 (voir l'article Une drôle de théière de la maison Debain page 58 de la Gazette n° 24), mais son voisin d’en face, celui des Art décoratifs. L’établissement parisien, qui s’apprête (le 6 juillet) à présenter des salles dédiées à ce mouvement entièrement repensées, la préemptait pour la somme de 38 400 €. Nul doute qu’elle y trouvera tout naturellement sa place ! On doit ce modèle au corps en forme de potiron, accueillant sur ses flancs des pampres et ceps de vigne ainsi que des gerbes de blé et doté d’un bec verseur imitant un escargot conquérant et gourmand (une commande pour un esthète bourguignon ?), à un certain Alphonse Debain. Fabricant orfèvre, celui-ci était installé au 79, rue du Temple, et son l’activité à Paris est avérée de 1883 à 1911. On peut se plaire à rêver à toutes les pièces qu’il aurait pu inventer s’il avait eu une carrière plus longue ! Cette verseuse était, ainsi qu’une photo en atteste, présentée sur le stand de sa maison lors de la fameuse Exposition universelle de 1900. C’est à peu près la seule chose que l’on sache de ses origines… pour le moment. 

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