Les arts et traditions populaires des Alpes

Le 19 novembre 2020, par Philippe Dufour

Lors de cette vacation chambérienne, d’étonnantes pièces mobilières montagnardes étaient à votre portée, illustrant l’art inventif des menuisiers de la Savoie et du Dauphiné.

Dauphiné, Molines-en-Queyras, XVIIIe siècle. Armoire en pin cembro, mélèze et pin à crochet, initiales «W» (vivat) «P.B.V», date «1769», 177 167 65 cm.
Adjugé : 19 660 

De la région reculée du Queyras, dans les Hautes-Alpes, provient cette rare armoire exécutée à Molines, à l’aide de bois locaux, soit le pin cembro, le mélèze et le pin à crochet (177 167 65 cm). Elle ouvre par deux portes à quatre panneaux vigoureusement sculptés de feuillages et de fleurettes, et encadrées de montants à motifs losangiques feuillagés. Quant au fronton, il est orné de trois cœurs stylisés et de rinceaux avec les initiales «W» (vivat) «P.B.V» et la date «1769». Elle présente aussi la particularité d’être répertoriée (et reproduite sous le n° 98, page 160) dans Le Mobilier traditionnel des Alpes occidentales de Jacques Chatelain (éditions Libris). Beaucoup de qualités qui lui ont valu d’inscrire 19 660 €. Direction la Savoie ensuite, pour découvrir un lit à baldaquin de la vallée de La Maurienne, en pin cembro à colonnes torsadées, datant du XVIIe siècle et parti à 9 770 € (175 194 134,5 cm). Son chevet est aménagé de deux étagères de rangement, alors que la traverse de pied forme une bâtière, décorée en son milieu d’un chrisme flanqué de cartouches soulignés de dents-de-loup, avec date («1661») et initiales («F.C.»). Lui aussi a eu les honneurs de l’ouvrage cité précédemment (n° 79, page 122). De la même province, on avait aussi pour 8 340 € un coffre (73 145 55 cm) en pin cembro et épicéa ; sa façade s’orne de six arcatures à cinq colonnettes torsadées et de l’écu de Savoie (voir l'article Solide charme savoyard de la Gazette n° 37, page 118).

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne