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Big John, tricératops de tous les records

Le 22 octobre 2021, par Anne Doridou-Heim

Acquis à plus de 6 M€, le plus grand tricératops connu à ce jour enflammait Drouot et établissait un record européen… sous les applaudissements de la salle.

Big John, tricératops de tous les records
Maastrichtien, Crétacé supérieur, formation de Hell Creek, Dakota du Sud. Big John, Triceratops horridus, h. totale du squelette monté 715 cm, h. des hanches 270 cm, crâne : 262 200 cm.
Adjugé : 6 651 100 

Depuis une semaine, il paradait sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux… Tout le monde voulait le voir ! Bien des superlatifs ont été employés pour parler de ses mensurations exceptionnelles – rappelons-les tout de même : 8 mètres de longueur totale et 2,62 mètres pour son seul crâne –, de son spectaculaire état de conservation – son crâne est complet à 75 – et du puzzle de plus de 200 pièces qui constituent son squelette. Sans oublier le respect dû à son grand âge : plus de 66 millions d’années. La position choisie lors de sa reconstitution est parfaite : campé sur ses antérieurs avant, il reproduit une scène d’attaque, saisissante en couverture de la Gazette n° 31 (voir aussi l'article « Big John », un tricératops hors normes page 8 du même numéro). Lui qui a vécu sur Laramidia – une île-continent, depuis longtemps disparue, qui s’étendait peu ou prou de l’actuelle Alaska jusqu’au Mexique – est d’ailleurs mort après avoir livré un dernier combat. La lacération à la base de la tête en atteste. La vase dans laquelle il a dormi durant des millénaires, ne connaissant pas d’activité biologique, a permis son incroyable conservation. Maîtrisant son rôle à la perfection, Big John a foulé de ses pattes massives le red carpet de l’Hôtel Drouot pour en repartir – acquis par un Américain possédant déjà quelques dinosaures – sous les applaudissements nourris de la salle, nimbé d’une enchère spectaculaire de 6 651 100 €. À ces altitudes, les institutions ne sont plus en piste – heureuse consolation, la plupart des grands musées d’histoire naturelle ont déjà leur tricératops –, seuls de richissimes passionnés pouvant se positionner et mener cette bataille des temps modernes à coups, non plus de cornes mais de millions. Les paléontologues le savent, le tricératops était le seul herbivore capable de faire reculer le terrifiant tyrannosaure. Les siècles passent, les légendes demeurent ! Big John a fait plus que multiplier par deux la dernière enchère de Drouot pour un dinosaure, carnivore celui-là (067 400 € pour un allosaure du Jurassique supérieur, le 13 octobre 2020 sous le marteau de la même maison de ventes). Celui qui le détrônera est-il déjà né ?
 

Présenté sur sa matrice d’ardoise originelle, un squelette de Stenopterygius quadriscissus, un genre d’ichtyosaure, se détachait à 58 500 
Présenté sur sa matrice d’ardoise originelle, un squelette de Stenopterygius quadriscissus, un genre d’ichtyosaure, se détachait à 58 500 €.
Ce spécimen (98 
350 cm) découvert dans la formation de Posidonia Shale, dans le sud-ouest de l’Allemagne, vivait dans la mer qui couvrait ces terres
il y a 195 
millions d’années. C’était alors le Jurassique inférieur, le temps du Pliensbachien voire du Toarcien. On sait qu’il était l’un des nageurs
les plus rapides et que ses habitudes alimentaires étaient proches de celles du dauphin d’aujourd’hui.

Après celui des steppes est né le mammouth laineux. L’animal a quant à lui développé une importante fourrure qui le protège des froids ter
Après celui des steppes est né le mammouth laineux. L’animal a quant à lui développé une importante fourrure qui le protège des froids terribles de son époque. Végétarien, il est doté d’une trompe et de deux défenses et vivrait paisiblement s’il n’était chassé par l’homme de Néandertal. Lui a disparu il y a quatre mille ans, victime cette fois du réchauffement climatique. Une entreprise américaine s’est lancé le défi de le ressusciter et de le voir fouler à nouveau le sol arctique… En attendant ce projet génétique un peu fou, on peut s’offrir l’une de ses impressionnantes incisives supérieures. Celle-ci, longue de 250 cm, appartenant à un spécimen ayant vécu en Sibérie entre le Pléistocène et l’Holocène, pointait à 117 000 €.
Après le tricératops, plus grand spécimen connu de son espèce disparue, voici un crâne provenant d’un mammouth des steppes aux dimensions
Après le tricératops, plus grand spécimen connu de son espèce disparue, voici un crâne provenant d’un mammouth des steppes aux dimensions généreuses (110 120 130 cm), rappelant que ce pachyderme est le plus grand de sa famille ! Celui-ci, provenant des plaines de l’Ukraine, vivait au Pléistocène moyen, n’avait pas suffisamment de poils et s’est éteint lors d’une période de glaciation. Les 269 760 € portés sur ce trophée viennent lui redonner quelques plumes !
Vous en reprendrez bien un morceau ? À 41 600 € tout de même ! Cette somme est venue s’offrir une tranche de pallasite (28 x 42 cm – poids
Vous en reprendrez bien un morceau ? À 41 600 € tout de même ! Cette somme est venue s’offrir une tranche de pallasite (28 42 cm – poids 1 700 g) soigneusement polie et arborant de délicats cristaux d’olivine, ces péridot translucides formés dans l’espace il y a 4,5 milliards d’années environ et naturellement sertis dans la matrice de métal. Ce sont eux qui lui confèrent sa grande beauté, formant ici un dessin géométrique catégorisé comme structure de Widmanstätten. Elle est aussi la plus rare des météorites.
jeudi 21 octobre 2021 - 15:00 - Live
Binoche et Giquello
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