Moll, Bandeira et Quinet, entre autres…

Le 31 octobre 2019, par Philippe Dufour

Intitulée «Morceaux choisis», la vacation cannoise justifiait bien son nom avec des toiles et des objets d’art sélectionnés pour leur qualité, qui totalisaient 300 000 €.

Carl Moll (1861-1945), Scène de traverse, huile sur toile, 1894, 63 x 53 cm.
Adjugé : 30 000 

En tête, avec 41 600 €, le peintre Antonio Bandeira, que l’on peut qualifier de chef de file de l’abstraction lyrique brésilienne, auteur d’une Composition abstraite (55 46 cm). Il s’agit d’une toile de 1957, qui avait de plus l’avantage d’avoir appartenu aux collections d’Helena Rubinstein. C’est en 1946 que Bandeira, jeune artiste originaire de Fortaleza, dans l’État du Nordeste, s’installe à Paris : il y adoptera très vite les préceptes d’un nouveau courant artistique nommé «abstraction lyrique». Avec l’Autrichien Carl Moll, changement de ton, car ce cofondateur du mouvement de la Sezession brossait une Scène de taverne (63 53 cm) ; pour cette huile sur toile, il fallait débourser 30 000 €. Filippo Palizzi, quant à lui, signait en 1871 un tableau d’esprit encore romantique, une Scène champêtre (42 62 cm), qui gagnait une nouvelle cimaise pour 18 900 €. On dispersait aussi ce jour la collection des œuvres de Xavier de Poret, qui engrangeaient 50 000 € ; et parmi celles-ci, un fusain sur papier, daté de 1944, représentant un Cheval à l’écurie (à vue 46,5 60,5 cm), acheté 11 700 €. Pablo Picasso était aussi à portée de main, à travers un plat Corrida on Black Ground de 1953 (39 31,5 cm), en terre de faïence, à engobe, gravure et émail de l’édition Madoura… Un exemplaire d’une série à 500 exemplaires, répertorié dans le catalogue d’Alain Ramié sous le numéro 198 (7 800 €). Les arts décoratifs s’illustraient d’ailleurs avec une table de salle à manger signée Étienne Hajdu et déménagée à 19 500 € ; portant la date de 1961, elle se compose d’un plateau rectangulaire en dalle de verre sur un double piétement en marbre vert (75 300 80 cm). Dans ce domaine, la palme revenait à un bureau de forme libre (75 200 100 cm), attribué à Jacques Quinet et dessiné vers 1960 (20 800 €) ; il se distingue par ses deux piétements tripode en métal entièrement gainé de cuir noir piqué sellier, accueillant deux tiroirs pivotants.

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