Un saint Augustin attribué à Philippe de Champaigne

Le 14 octobre 2021, par Philippe Dufour

Précédée d’une belle attribution, cette grande toile, représentant l’un des plus célèbres docteurs de l’Église, devait déclencher une rixe d’enchères inattendue.

Atelier de Philippe de Champaigne (1602-1674), Saint Augustin. Sous son pied droit trois figures d’hérésiarques : Pélage, Celestius et Julien d’Éclane (?), huile sur toile marouflée sur panneau de chêne, 100 80 cm.
Adjugé : 186 620 

Vue dans la Gazette n° 35 (page 120), une représentation de Saint Augustin (100 80 cm) a joué les vedettes, parce que donnée à l’atelier de Philippe de Champaigne ; il s’agit d’une version de grande qualité d’un original, plus petit, conservé au County Museum of Art de Los Angeles (datant de 1642). Aussi, à partir d’une estimation maximale de 7 000 €, la toile s’est hissée jusqu’à 186 620 €. Rappelons que la composition fort inspirée affiche quelques variantes par rapport à la toile californienne : ainsi, ce serait les hérésiarques Pélage, Celestius et Julien d’Éclane – un moine et ses disciples – bel et bien en chair et en os que le grand saint d’Hippone foule sous ses pieds, et non pas leurs ouvrages… On redescendait de ces hauteurs mystiques pour apprécier un plus abordable guéridon quadripode de style Louis XVI en bronze et laiton doré, reposant sur des montants en gaine et à piétement cannelé, réunis par une entretoise mouvementée et ciselée de perles. Sont surtout remarquables les cariatides qui soutiennent le plateau en mica  ; et pour ce travail de la seconde moitié du XIXe siècle dans le goût d’Adam Weisweiler (h. 75 cm, diam. 50 cm), il fallait compter 6 020 €. On finissait sur une touche d’exotisme, avec un délicat groupe en corail rouge, sculpté d’une jeune femme debout portant un panier rempli de fleurs, accompagnée d’un phénix. Datant du début du XXe siècle, la pièce (927 g, 37 27 cm) attirait 6 260 €.

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