Un record pour une œuvre d’Édouard Charlemont

Le 11 février 2021, par Philippe Dufour

Dotée d’un historique séduisant, la toile du peintre autrichien s’est envolée jusqu’à marquer un score jamais relevé pour l’artiste.

Édouard Charlemont (1848-1906), Allégorie à l’Asie : Japonais en tenue de cérémonie dans un intérieur architecturé luxuriant à fond or, huile sur toile non signée, 138 125 cm.
Adjugé : 143 850 

Édouard Charlemont est l’auteur de cette opulente Allégorie à l’Asie : Japonais en tenue de cérémonie, dont la polychromie et les ors lui ont valu d’être disputée par cinq enchérisseurs, dont l’un devait l’emporter pour 143 850 €. Ce faisant, ce grand collectionneur européen a inscrit le record mondial pour cet artiste, doublant largement le précédent, de 61 830 €, enregistré chez Sotheby’s à New York le 2 janvier 2011. Né à Vienne dans une famille d’artistes, Charlemont a reçu l’enseignement de Hans Makart, puis, au milieu des années 1880, participé à la décoration du nouveau Burg Theater de la capitale austro-hongroise, aux côtés de Gustav Klimt et de son frère Ernst. En 1888, c’est la reconnaissance officielle de son talent lorsqu’il devient membre honoraire de l’Académie viennoise. S’installant à Paris, il s’affirme ensuite comme l’un des meilleurs peintres de scènes, à la manière de Flamands du XVIIe siècle. Notre Allégorie est à rapprocher d’un tableau, Allégorie de l’Afrique, figurant au catalogue de l’exposition «Heinrich von Liebieg» tenue au musée Giersch de Francfort en 2012 ; il représente un éléphant dans un décor similaire et de même facture que le nôtre. Ces deux peintures sont issues d’un cycle consacré aux cinq continents, réalisé pour la villa Liebieg à Liberec (aujourd’hui en République tchèque). Le baron von Liebieg (1839-1904) est un industriel du textile du nord de la Bohême, également grand collectionneur et mécène. À Vienne, il se lie d’amitié avec Édouard Charlemont, qui répondra à ses commandes, le conseillant même dans l’acquisition de peintures pour ses collections, dont un certain nombre de représentants de l’école française du XIXe siècle, Eugène Boudin, Charles-François Daubigny ou Théodore Rousseau… Il faut souligner que les décorations pour la villa Liebieg sont à rapprocher fortement d’autres réalisations évoquant aussi les cinq continents, et exécutées par le Viennois pour la demeure de la baronne Worms à Londres.

Panorama (après-vente)

Fumée d’encens

Le 11 février 2021, par Philippe Dufour

Lors de la vacation du vendredi 5 février à Troyes, menée par Ivoire - Boisseau - Pomez OVV (cabinet Ansas et Papillon), on a pu admirer ce brûle-parfum tripode couvert, en bronze doré et émaux cloisonnés polychromes sur fond bleu (h. 50, diam. 29,5 cm). Ses flancs portent un décor archaïsant de cigales stylisées, avec motifs géométriques et rinceaux, tandis que deux anses verticales rehaussent l’ouverture ; le couvercle ajouré s’agrémente de rinceaux de lotus, la prise figurant un dragon lové. Datant du XIXe siècle, l’accessoire de palais devait être disputé jusqu’à 16 120 €.

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