Soulages et Senghor : un duo très attendu

Le 28 janvier 2021, par Philippe Dufour

Deux illustres noms pour une œuvre à l’esthétique et au pedigree parfaits : il n’en fallait pas plus pour déclencher une véritable rixe d’enchères, close sur un score millionnaire.

Pierre Soulages (né en 1919), Peinture 81 x 60 cm, 3 décembre 1956, huile sur toile, signée et resignée, datée «12-56-1-57» au dos, 81 60 cm.
Adjugé : 1 476 200 

Elle ornait la couverture de votre dernière Gazette de l’année 2020 (voir l'article Soulages et Senghor, liés par la poésie: cette puissante composition de 1956, Peinture 81 x 60 cm, 3 décembre 1956 s’est envolée à 1 476 200 €, dépassant ainsi largement son estimation haute de 1 M€. Après une longue bataille entre sept enchérisseurs, dont six au téléphone (les enchères sur Internet n’ayant pas été autorisées pour ce lot), c’est un collectionneur européen qui aura emporté une œuvre que tous désiraient. «C’est un très beau prix de niveau international», a souligné à l’issue de la vente Jean Rivola, l’un des deux commissaires-priseurs de Caen Enchères. Cette toile avait été achetée directement par Léopold Sédar Senghor à Pierre Soulages, dans son atelier, en décembre 1956. Jusqu’à aujourd’hui, elle n’avait jamais quitté la demeure normande de Léopold et Colette Senghor, en dehors des expositions où elle a pu figurer. Elle était donc accrochée dans la bibliothèque tapissée de livres de leur maison de Verson (Calvados) jusqu’à la vente de succession de l’épouse de l’ancien président de la République du Sénégal (de 1960 à 1980). Il faut rappeler combien Sédar Senghor a été l’un des amis – et grand admirateur – de Soulages, auquel était consacrée une exposition rétrospective en 1974 dans le tout nouveau musée d’Art contemporain de Dakar. À cette occasion, le président esthète devait déclarer : «Je le dis : Pierre Soulages est le poète des temps nouveaux.» Autour de ce véritable chef-d’œuvre, quelques compositions de qualité se laissaient plus facilement aborder.Tels ces adorables Chats siamois décrits par Théophile-Alexandre Steinlen, une toile (65 54 cm) partie à 7 686 €, ou encore un Déjeuner sur l’herbe brossé par Gaston Balande, autre toile (65 81 cm) décrochée pour 100 €.

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