Guillaume à la poursuite de l’idéal féminin

Le 04 juillet 2019, par Philippe Dufour

Une kyrielle de joyeux viveurs en jaquette Belle Époque tente de grimper sur un mât, pour atteindre désespérement son objectif.

Albert-Paul Guillaume (1873-1942), En haut du mât, 1894, huile sur toile marouflée sur carton, 143 32 cm.
Adjugé : 10 560 

Mais quel est ce dernier, capable de provoquer une telle cohue ? Il s’agit bien sûr d’une «cocotte», qui, juchée tout en haut, semble se moquer de ses prétendants, jeunes ou vieux. Parfait symbole de la Belle Époque à Paris, cette jeune femme sans état d’âme, hantant music-halls et restaurants à la mode, est caractéristique du travail d’Albert-Paul Guillaume, caricaturiste et chroniqueur de la société de son temps, sur laquelle il porte un regard plein d’ironie. En haut du mât ne pouvait donc que prendre la première place, avec 10 560 €. Plus sereine s’affirmait ensuite une toile de Jean Puy, Les Quais à Roanne, savant exercice autour de l’ombre et la lumière ; peintre de la douceur de vivre provinciale, l’artiste pouvait alors prétendre à 8 640 €. Les arts décoratifs et appliqués fournissaient ensuite les meilleures enchères, à commencer par une étonnante pendule de l’époque de la Restauration, acquise pour 9 600 €. En bronze à patine noire et éléments dorés, elle représentait une ruche à toit de chaume, tandis qu’à sa base des abeilles en volume se dirigeaient vers l’entrée de leur antre… Autre pièce de forme appréciée : la jardinière en céramique émaillée sortie de l’atelier de Delphin Massier à la fin du XIXe siècle (voir l'article Delphin Massier de la Gazette n° 24, page 160). Avec son superbe flamant rose en volume, elle trouvait un admirateur à hauteur de 6 480 €.

samedi 29 juin 2019 - 14:00 - Catalogue
Galerie des ventes, 2, impasse Notre-Dame-du-Chemin 45000 Orléans
Pousse-Cornet
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