Un regard qui tue

Le 08 octobre 2020, par Anne Doridou-Heim

Aucune crainte à avoir, ce curieux objet aux allures de revolver étant un appareil photographique. 

Appareil photo «revolver», n° 17, fabriqué vers 1862 par A. Briois à Paris et breveté par Warren Thompson (1802-1891), laiton, manche en bois, 13 8,5 16 cm.
Adjugé : 28 160 


Le jour même où l’on apprenait que la sortie du nouveau James Bond, Mourir peut attendre, était une nouvelle fois repoussée – 007 étant une victime collatérale du virus planétaire, décidément rien ne va plus –, un exemplaire de revolver photographique, que l’on pourrait imaginer par le sympathique personnage de Q alors qu’il est en réalité inspiré de l’arme de Samuel Colt (voir l'article Un appareil photo inspiré par le revolver de Samuel Colt Coup de cœur page 20 de la Gazette n° 32 du 17 septembre), faisait feu à 28 160 €. L’inventivité va se loger là où on ne l’attend pas… Ce curieux système avait fait l’objet d’un brevet déposé en France le 20 janvier 1862 par un mandataire de Warren Thompson (1802-1891), un photographe américain. Le succès ne fut pas au rendez-vous, l'invention n’ayant été produite qu’en peu d’exemplaires. Un autre modèle étonnait ensuite, baptisé celui-ci «Photo-Éclair» et breveté par Joseph Fetter en 1886 pour être commercialisé l’année suivante. Il s’agit d’un appareil espion à cacher sous un veston – James était de retour ! Celui-ci emportait 1 792 € (reproduit page 53, Gazette n° 33, voir l'article Photo-Éclair, un appareil photo espion). Au cours de cette vente où 81 % des lots trouvaient preneur, on signalera encore les 1 664 € du premier modèle (vers 1899) d’un Sol Sigriste en bois gainé, dont l’obturateur allant au 2 500e pouvait fixer le mouvement d’un cheval au galop, et les 1 049 € d’un appareil miniature au boîtier Lancart XYZ.

samedi 03 octobre 2020 - 02:00 - Live
Lasseron & Associés
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