Maxence, grand symboliste

Le 07 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

Jouant en solitaire, cette belle mélancolique rejoint les collections du Petit Palais.

Edgard Maxence (1871-1954), Solitude, Peace Seclusion, huile sur panneau, 110 145 cm.
Adjugé : 143 000 

Les musées ont été pionniers dans la remise en lumière d’Edgard Maxence (1871-1954), même s’il a fallu attendre le début des années 2000 pour que le talent de ce grand acteur du symbolisme français soit reconnu (voir l'article En paix, à l’écart du monde de la Gazette n° 44, page 44). C’est donc avec une vraie joie que l’on apprend la préemption, par le Petit Palais, de cette œuvre majeure – par sa taille et son sujet – et son résultat de 143 000 €, qui signe un nouveau record français pour son auteur et l’installe à la deuxième place de son podium (source : Artnet). Cette huile sur panneau intitulée Solitude, Peace Seclusion, mettant en scène une énigmatique rousse jouant de la vielle au cœur d’une forêt sombre – celle de Brocéliande ? –, s’apprête donc à se produire devant le public. Une seconde préemption venait récompenser cette vacation riche de vingt-trois peintures seulement. Le Portrait de Monsieur P. Anne-Louis Medetin (73,5 59 cm), vraisemblablement l’un des médecins de Louis XV, exécuté par Joseph-Siffred Duplessis (1725-1802) a été acquis à 13 000 € par le musée Comtadin-Duplessis de Carpentras. L’institution présente déjà un bel ensemble de portraits de l’artiste, formé à Rome dans l’atelier de Pierre Subleyras et devenu peintre du Roi sous Louis XVI. C’est à son pinceau que l’on doit le Benjamin Franklin ornant les billets américains de 100 dollars de 1928.

Jean-Baptiste Van Loo à Stockholm

Le 07 janvier 2021, par Anne Doridou-Heim

La scène des enchères a favorablement accueilli le retour de ce portrait d’acteur peint par Jean-Baptiste Van Loo.

Jean-Baptiste Van Loo (1684-1745), Portrait d’un acteur, huile sur toile, 80 63,5 cm.
Adjugé : 75 400 

Les vivats sont venus de la septentrionale Suède sous la forme d’enchères portées à la hauteur de 75 400 € par le Nationalmuseum de Stockholm, toujours très attentif sur le marché et qui enrichit régulièrement son département – déjà fort bien pourvu – de peintures françaises du XVIIIe siècle. Cette fois, c’est donc sur ce Portrait d’un acteur, une figure ne manquant pas de caractère et objet du Coup de cœur de la Gazette n° 43 (voir l'article Un acteur de caractère par Jean-Baptiste Van Loo page 20), qu’il concentrait ses efforts. À n’en pas douter, l’œuvre fera effet sur les murs récemment réaménagés de l’institution ! La virtuosité de l’artiste à fixer son modèle est telle qu’il semble vivant et que son habit, rehaussé de parements et de galons, paraît réel. Jean-Baptiste Van Loo (1684-1745), fils et frère de peintre, né à Aix-en-Provence mais dont le nom trahit les origines néerlandaises, livre là un vrai morceau de bravoure et démontre tout son talent en matière de portrait. On comprend pourquoi le roi Louis XV et Stanislas Leszczynski firent appel à lui pour exécuter le leur, à voir dès qu’il le sera possible au château de Versailles.

mardi 15 décembre 2020 - 05:00 - Live
Millon
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