Jean Pierre Houel par François André Vincent

Le 02 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Ce portrait de Jean Pierre Houel par François André Vincent renvoie à la rencontre romaine de deux futurs grands artistes.

François André Vincent (1746-1816), Portrait de Jean Pierre Houel, 1772, huile sur toile ovale contrecollée sur panneau, 27,5 22 cm.
Adjugé : 65 000 

François André Vincent a 26 ans lorsqu’il exécute ce Portrait de Jean Pierre Houel, un confrère rencontré à Rome alors qu’ils y complètent tous les deux leur formation à l’Académie de France. Le second est appelé à devenir un grand peintre de paysages et le premier, est un portraitiste qui sera reconnu comme l’un des meilleurs de son genre dans la France du tournant du XIXe siècle. Seulement 26 ans donc, mais déjà beaucoup de maîtrise et de prestance pour cette figure –qui mérite une restauration attentive – et dont une version comparable, mais de plus grandes dimensions (60 49 cm), était déjà connue. Elle appartient aux collections du musée des beaux-arts de Rouen et est également datée 1772. Vincent a dormi un temps dans les tiroirs de l’histoire de l’art. Il en est sorti en pleine lumière grâce à la monographie de Jean-Pierre Cuzin (suivie de plusieurs expositions dans divers musées) et, depuis, les institutions et les collectionneurs privés ne cessent de le rechercher. Il était donc logique que ce tableau attire l’attention et soit décroché à 65 000 €. Venait ensuite une plume dessinée par Honoré Royllet (1699-1767). Membre de la corporation des maîtres écrivains, il livrait avec ce document une ode à Diderot, en lui composant un autel en reconnaissance (56 44 cm) – peut-être un frontispice ? Cette pièce unique et historique vient rejoindre, pour la modique somme de 1 045 €, les collections de la bibliothèque Mazarine.

Les charmes de l’enfance

Le 02 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Un record mondial et un départ vers Stockholm pour le Lyonnais Claude Bonnefond.

Claude Bonnefond (1796-1860), La Chambre des petits Savoyards, 1817, huile sur toile, 89 66 cm.
Adjugé : 22 103 

Depuis sa réouverture après d’importants et salués travaux de rénovation, le Nationalmuseum de Stockholm est présent sur le marché européen et ne manque pas une occasion d’enrichir ses collections, notamment de peintures françaises du XIXe siècle. Cette fois, son intérêt s’est porté sur deux tableaux de Claude Bonnefond (1796-1860) respectivement peints en 1817 et 1819, La Chambre des petits Savoyards – aussi nommée Les Petits Montreurs de marmottes (reproduite ci-contre) – et Un vieillard aveugle conduit par sa petite-fille (101 79 cm). Ces deux toiles, présentées au Salon de leur année de création, y avaient été acquises par le duc de Berry avant d’être mises aux enchères lors de la vente des biens de la duchesse, à Paris en avril 1865. Charme, traçabilité et provenance, voilà les trois atouts les rendant très désirables et les ayant conduites à 22 103 € – record du monde selon Artnet – et 11 703 €. Bonnefond, peintre de l’école lyonnaise, très actif dans sa cité puisqu’il y assuma durant près de trente ans le poste de directeur de l’école des beaux-arts, fit sa première apparition sur un salon parisien justement avec cette charmante représentation de montreurs de marmottes, un thème prisé de cette époque qui s’ouvrait au romantisme.

mercredi 24 juin 2020 - 03:00 - Live
Millon
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