Floriste du XVIIIe siècle

Le 26 septembre 2019, par Sophie Reyssat

Cet herbier manuscrit de Jean Vernisy témoigne de l’art de concevoir la botanique au siècle des Lumières.

Jean Vernisy, Histoire et description de plusieurs plantes tant indigènes qu’exotiques disposées par familles suivant la méthode de Mr Adanson, deux volumes correspondant aux tomes 2 et 4 de son herbier, Dijon, 1770, cartonnage d’époque.
Adjugé : 10 016 

Les herbiers ont une origine bien poétique. Si l’on en croit la mythologie, Chloris, la plus jeune fille des souverains de Thèbes, se plaisait à cueillir les fleurs des champs au point que ses parents la surnommèrent «Flore». Le tendre Zéphyr s’éprit d’elle, lui offrant chaque jour un nouveau bouquet pour lui prouver son amour. Ne pouvant se résoudre à les voir se faner, Flore les serra dans les plis de sa robe pour les conserver… et créa ainsi le premier herbier. Depuis, la botanique s’en est grandement mêlée. À côté des plantes précieusement collectées, séchées et comprimées par les savants, s’est développée une version moins fragile à conserver, les herbiers imprimés ou manuscrits. En témoignent ces deux volumes du XVIIIe siècle, bataillés largement au-dessus de leur estimation haute de 1 500 €. Ils renferment 235 planches dessinées, aquarellées et légendées par le religieux dominicain Jean Vernisy, sur lesquelles les végétaux  liliacées, gingembres, orchis, aristoloches et composées, parfois présentés dans des vases  sont ponctuellement accompagnés d’animaux et d’insectes, mais également de scènes de vie exotiques. La science était également au rendez-vous grâce à Robert de Vaugondy, dont l’Atlas universel, publié en 1757 à Paris, changeait de bibliothèque moyennant 7 011 €. L’ouvrage est complet de ses cent-trois cartes d’origine.

mercredi 18 septembre 2019 - 02:30 - Catalogue
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