L’incrédulité de saint Thomas par Thomas Blanchet

Le 09 juillet 2020, par Anne Doridou-Heim

Thomas Blanchet a livré cette version de la représentations de l’apôtre réputé pour son scepticisme, une attitude que n'avaient pas les enchérisseurs, nombreux à batailler...

Thomas Blanchet (1614-1689), L’Incrédulité de saint Thomas, huile sur toile, 134 169 cm.
Adjugé : 43 180 

Thomas Blanchet (1614-1689) n’est pas le plus connu des peintres du grand XVIIe siècle, et il fallut même attendre l’ouvrage de Lucie Galactéros - de Boissier (éd. Arthena, 1991) pour que son travail soit redécouvert. Il mérite pourtant mieux qu’un regard de côté tant son œuvre est en phase avec son temps, entre classicisme imposé et baroque tempéré. Bien que natif de Paris, formé dans les ateliers du sculpteur Jacques Sarrazin et de Simon Vouet – il y a pire comme pedigree –, il est rattaché à l’école lyonnaise et en est certainement le représentant le plus abouti. Vingt années à Rome lui confèrent une renommée de peintre monumental, et c’est à ce titre qu’il est appelé dans la capitale des Gaules pour décorer le tout nouvel hôtel de ville. Nous sommes en 1655, et l’homme ne s’arrête pas en si bon chemin. Nommé «peintre ordinaire de Lyon», il refuse d’en repartir et y fonde même une académie de peinture en 1681. Entre Rhône et Saône, l’artiste se sent plus libre car affranchi des diktats parisiens. Il y développera une peinture imposante, marquée par des effets dramatiques faisant penser à une composition théâtrale, à l’image de cette Incrédulité de saint Thomas, reconnue à 43 180 €. L’apôtre n’en revenait pas de l’emporter devant la gouache de Marin-Marie (1901-1987), malgré son sujet recherché. Campant Le Mariposa dans la baie de Vaitape (Bora-Bora) (voir l'article À l’autre bout du monde page 52 de la Gazette n° 25 du 26 juin), celle-ci demeurait à quai.

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