Émile Jourdan, le rebelle de Brigneau

Le 22 octobre 2020, par Philippe Dufour

Chantre d’une Bretagne éternelle, vivant aux marges de la société, Émile Jourdan signait ici un paysage à la gamme virtuose de bleus et de verts – tandis que démarrait une Ducati vintage très recherchée.

Émile Jourdan (1860-1931), Bateaux de pêche dans le port de Brigneau, 1920, huile sur toile signée et datée, 54 65 cm.
Adjugé : 36 750 

Analysée longuement dans la Gazette n° 35 (voir l'article Émile Jourdan en son dernier refuge page 113), la toile intitulée Bateaux de pêche dans le port de Brigneau (54 65 cm) a tenu ses promesses, en réalisant l’estimation moyenne par son résultat de 36 750 €. Exécutée en 1920, elle témoigne de l’attachement définitif – et datant de sa jeunesse – de Jourdan au traitement impressionniste, constitué de petites touches divisées. Le tableau met en scène le dernier lieu de vie de l’artiste, établi dans ce petit port du Finistère où le personnage, bohème et haut en couleur passa ses jours logé gratuitement par la mère Bacon, aubergiste. Mais c’est à d’autres tenanciers d’auberge plus célèbres, Frédéric et Angèle Satre – hôtes à Pont-Aven de bien d’autres peintres destinés à devenir illustres, comme Paul Gauguin – que la toile a appartenu. Changement d’ambiance radical avec le lot suivant : une motocyclette arborant la marque Ducati. Il s’agit plus précisément de la 900 SS Desmo, un modèle sorti la première fois des ateliers de la firme bolonaise en 1975 ; le nôtre a été immatriculé le 26 août 1980 et affichait un certificat du 22 septembre 2008. La belle mécanique, recherchée par les jeunes collectionneurs d’aujourd’hui, affiche une flamboyante livrée noire, relevée de lignes orange. Elle a repris la route pour 19 888 €.

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