Le minimalisme de Perriand au plus haut

Le 11 février 2021, par Philippe Dufour

Le travail, d’une simplicité radicale, de l’architecte designer vedette, n’en finit pas de déclencher des scores impressionnants, ici inscrits par trois pièces iconiques.

Charlotte Perriand (1903-1999), paire de tabourets en bois massif modèle «Berger», éditions Steph Simon, h. 28, diam. 33 cm.
Adjugé : 18 000 

Analysé dans la Gazette n° 4 (voir l'article Charlotte Perriand ou le goût du renouveau page 90), le trio en bois massif et aux lignes d’une rusticité revisitée a encore séduit les amateurs de mobilier des années 1950. Il fallait d’abord débourser 30 000 € pour emporter la fameuse table basse aux quatre pieds en métal plié laqué noir (37 142 53 cm), puis 18 000 € pour les deux tabourets du modèle «Berger» qui, eux, ont triplé l’estimation haute. Charlotte Perriand a imaginé ces derniers dès 1953 (h. 28, diam. 33 cm) ; dessinés pour meubler les appartements d’une station de ski, ils étaient alors appelés «Méribel». La version basse, dite «Berger» s’inspire des assises utilisées en Savoie pour la traite, ou le repos des bergers… Naturellement, dans les années 1960 et 1970, c’est dans la galerie parisienne de Steph Simon, vitrine des créations de la grande dame du design du XXe siècle, que l’on pouvait les acquérir. Au vu de son style extrêmement élégant, le mobilier de salon des environs de 1925 qui a suivi pouvait être attribué sans hésitation à Jules Leleu. Comprenant deux fauteuils de type club (76 78 80 cm) et deux autres «bridge» (76 50 57 cm), il est réalisé en hêtre teinté palissandre ; les premiers cités présentent un accoudoir avec manchon orné d’un disque en ivoire. Cet ensemble, complété d’une table-guéridon en acajou, partait pour 20 400 €.

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