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Rire comme Stendhal, rêver avec Baudelaire

Publié le , par Philippe Dufour

Lors de la session consacrée aux livres et aux manuscrits anciens, deux monstres sacrés de la littérature du XIXe siècle nous donnaient une leçon d’écriture et de vie… suivis d’une princesse.

Rire comme Stendhal, rêver avec Baudelaire
Stendhal (1783-1842), Le Rire, manuscrit autographe, 7 pages in-4° (23 18,5 cm), daté juillet 1810.
Adjugé : 11 616 

Ouvrage jugé scandaleux en son temps, et véritable monument poétique, Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire paraît dans sa première version le 21 juin 1857, chez l’éditeur Poulet-Malassis & de Broise, à Paris. Très vite censuré, le recueil de poèmes connaîtra pourtant jusqu’en 1868 trois autres rééditions, à la fois épurées et augmentées de nouvelles pièces. Ces Fleurs maladives ont été ici cueillies à 29 645 € dans leur édition originale, soit le in-12 tiré à 1 300 exemplaires, et enrichi d’une amusante lettre autographe adressée à l’éditeur Michel Lévy. Ce premier tirage comporte toutes les caractéristiques et fautes habituelles, comme «s’enhardissent» pour «s’enhardissant» page 12… Ajoutons que ce petit trésor bénéficie d’une superbe reliure signée de Charles Lanoé. À 11 616 €, c’est Henri Beyle, alias Stendhal, qui reprenait le flambeau avec un document assez inattendu dans sa production, car analysant Le Rire. Ce manuscrit in-4° autographe de sept pages, daté du «26 (?) juillet 1810», ouvre sur une première page qui porte, en guise de titre, l’éternelle question : «Qu’est-ce que le Rire ?». Ce document est l’un des rares manuscrits de l’auteur à ne pas avoir été donnés à la bibliothèque municipale de Grenoble après la mort de Louis Crozet (ami et héritier de Stendhal). Une femme très célèbre lui succédait : l’impératrice Catherine II (1729-1796) en personne… à travers une courte et curieuse lettre autographe signée «Sophie Agsta» (pour «Sophie Augusta») des environs de 1744 ; pour l’heure, Catherine n’est encore que la très jeune princesse allemande qui débarque sous son véritable prénom en Russie, avant le mariage officiel d’août 1745. Elle écrit une phrase en français – naturellement – et appose une signature, révélatrice, qui occupe toute la place… Un témoignage émouvant adjugé 7 623 €.

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