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De La Fosse en majesté

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Charles de La Fosse était l'un des maîtres des arts anciens qui assuraient le succès de cette journée d’enchères parisienne de haute teneur.

De La Fosse en majesté
Charles de La Fosse (1636-1716), Le Christ en croix, huile sur toile, 110 66 cm.
Adjugé : 46 842 


Tout, dans cette œuvre du peintre parisien Charles de La Fosse (1636-1716), participe à l’intensité dramatique : le choix du thème évidemment, s’agissant du Christ en croix, mais aussi l’ample mouvement du suaire blanc flottant dans les airs et ce ciel, chargé de nuages sombres, comme courroucé par la scène qui se déroule à ses pieds. Pour ce qui est des coups de brosse et des empâtements, la spécialiste du peintre, Clémentine Gustin-Gomez, parle «de l’influence de Van Dyck» (Catalogue raisonné des peintures, vol. 2, Dijon, 2006). Elle dit aussi que la composition est certainement sa plus belle pour le sujet dans ce format, et que plusieurs versions en existent, probablement réalisées d’après le crucifix ornant autrefois le fond du répertoire du couvent des Augustins (détruit en 1858), place des Victoires à Paris. Tant de qualités valaient à cette œuvre de tendre vers 46 842 € et de contribuer au succès de cette vente, tenue sur deux jours – le mardi étant dédié aux livres anciens, aux bijoux et aux objets de vitrine (voir page 56) – et conclue sur un produit total de 805 000 €. Une Tête d’enfant (h. 59 cm) en marbre blanc sculpté y veillait également. Aucune époque n’était avancée pour ce bambin, seules quelques restaurations visibles, mais à la fin, une enchère s'étant élevée à 37 980 € a été le premier indice d’une datation somme toute assez ancienne ! Il fallait encore compter sur les résultats de pièces en porcelaine de Sèvres témoignant des productions du début du XIXe siècle. Une paire de vases (h. 19,5 cm) dits «Clodion» – car le modèle en fut dessiné par le sculpteur éponyme à la fin du XVIIIe siècle – au décor en camée et en grisaille de scènes mythologiques recevait 8 608 €, et six assiettes provenant du service du prince primat de la Confédération du Rhin, Carl Theodor von Dalberg  (1744-1817), 11 647 €. Cet ensemble d’entrée et de dessert, décrit dans les archives à «fond bleu caillouté, guirlandes de fleurs», fut livré sur ordre de Napoléon Ier le 12 août 1807. La traçabilité est une donnée essentielle de ces pièces devenues historiques produites par les grandes manufactures européennes et une critère de référence pour les amateurs.

Panorama (après-vente)

Carré de toilette d'époque Louis XIV

Publié le , par Anne Doridou-Heim

Ce carré de toilette de l’époque Louis XIV enferme toujours dans ses effluves le nom de l’atelier l’ayant réalisé à Paris vers 1710.

Carré de toilette d'époque Louis XIV

ce luxueux carré de toilette de l’époque Louis XIV – objet dont la Gazette avait retracé les origines dans son numéro 25, en page 22 (voir l'article La toilette sous le Roi-Soleil,Très remarqué, tout un art) – recevait 15 825 €, le mercredi 8 juillet à Drouot chez Fraysse & Associés (Mme de La Chevardière). L’objet précieux, réalisé en marqueterie de laiton gravé sur fond d’écaille brune et orné de bronzes dorés délicats (13 33,5 25,5 cm), n’a pas encore livré tous ses secrets : il renferme toujours dans ses effluves le nom de l’atelier l’ayant réalisé à Paris vers 1710.

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