Marcel Proust et Horace Finaly

Le 10 juin 2021, par Sophie Reyssat

De son prix Goncourt à ses lettres, le romancier continue à faire couler de l’encre avec ses beaux résultats.

Marcel Proust (1871-1922), À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Paris, éditions de la  Nouvelle Revue française, 1920, in-4°, 32,5 21,5 cm, reliure maroquin janséniste  rouge, dentelle intérieure, doublures et gardes de moire rose, tranches dorées (P. L. Martin).
Adjugé : 103 627 

Une fois encore, Marcel Proust prenait la tête des livres et des manuscrits présentés à Neuilly. Cette édition de luxe d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs, tirée à cinquante exemplaires sur papier bible à très grandes marges deux ans après l’édition originale, était emportée à 103 627 €. Elle est en effet enrichie de fragments du manuscrit autographe et d’épreuves corrigées. Ces paperolles inédites, collées sur six grandes feuilles dépliantes, correspondent au début du roman et à celui de la liaison du narrateur avec Albertine. L’ouvrage est dédicacé à l’ami d’enfance du romancier, Horace Finaly, connu sur les bancs de la classe de philosophie du lycée Condorcet. La sœur de celui-ci, Marie, rencontrée lors de vacances passées chez les Finaly, fut la première inspiratrice de Proust pour son personnage d’Albertine. Des années plus tard, il faisait appel à son ami devenu banquier, afin de trouver un poste à l’étranger pour éloigner son encombrant secrétaire et amant, Henri Rochat, qui multipliait les frasques. Négociées à 78 000 €, quinze lettres autographes inédites, adressées à Finaly entre 1920 et 1922, témoignent de cette affaire. Un artiste aujourd’hui méconnu créait la surprise, le caricaturiste d’origine suisse Charles-Joseph Traviés de Villers, dont quatre volumes proposés au plus haut à 5 000 € étaient négociés à 28 434 €. Deux concernent l’Histoire complète de Mr Mayeux et les Facéties de Mr Mayeux, personnification des défauts de la bourgeoisie sous Louis-Philippe. Deux autres rassemblent des lithographies disparates, dont certaines sont parues dans La Caricature ou Le Charivari. D’autres illustrations étaient remarquées, cette fois à 14 533 € : les 102 oiseaux dessinés par Elizabeth Gould et coloriés à la main d’après des croquis de son mari, John Gould, auteur du rare ouvrage A Century of Birds from the Himalaya Mountains, publié en 1932 (voir l'article Les livres prennent leur envol de la Gazette n° 21, page 108).

 
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