Georges Jouve : l’ultra-noir en céramique

Le 15 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Un vase de Georges Jouve, de belles dimensions et de forme libre, affichait une insolente et vibrante non-couleur le menant au firmament d’un programme résolument arts décoratifs. 

Georges Jouve (1910-1964), vase en céramique émaillée noir et d’une couverture grumeleuse céladon et bleu à l’intérieur du col, h. 81 cm.
Adjugé : 132 600 

Georges Jouve l’affirmait : «Le noir est une couleur en soi, qui résume et consume toutes les autres». Sans doute est-ce pour cette raison qu’il l’a si souvent utilisé pour revêtir ses pièces en céramique. Cette fois, c’était un vase de forme libre et de haute taille (h. 81 cm) qu’il habillait d’un émail plombifère, l’assortissant pour mieux le valoriser encore d’une couverture grumeleuse céladon et bleu à l’intérieur du col. L’habit de soirée était récompensé d’un résultat de 132 600 €, un prix qui l’installait aussitôt à la septième marche du podium du créateur (source : Artnet). Au programme ensuite s’annonçait un flacon de parfum en verre moulé-pressé satiné et patiné figurant une danseuse de flamenco. Celle-ci, tenant son éventail en façade et coiffée d’une mantille lui tombant dans le dos, dansait à une cadence de 36 400 €. Le modèle a été conçu pour Brindisia de Forest dans les années 1920. Il rappelle l’inventivité des artisans dans le registre de la parfumerie, faisant de ces contenant des objets d’art à part entière. Et pour rester dans le domaine des arts verriers, une lampe sphérique (h. 32 cm) en verre lestée de billes de plomb et enserrée dans une monture à ailettes en bronze, création du designer Jean-Boris Lacroix (1902-1984), s’éclairait de 19 500 €.

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