Joséphine, des lauriers pour l’Empire

Le 13 mai 2021, par Sophie Reyssat

La flamme de Napoléon et de Joséphine ne s’est jamais éteinte, comme témoignent les souvenirs de leur règne.

Jean-Baptiste Regnault (1754-1829), Portrait de l’impératrice Joséphine portant le diadème du sacre orné de diamants et d’émeraudes, huile sur toile, cachet de cire rouge aux partis d’Almeida et Ferreira de Luis Augusto Ferreira de Almeida (1817-1900), 60 48,5 cm, 82 72 cm avec cadre.
Adjugé : 262 500 

C’est un doux visage, celui de Joséphine, qui commémorait le bicentenaire de la mort de Napoléon Ier fêté par les deux jours de cette dispersion (voir l'article Pour le bicentenaire de Napoléon de la Gazette n° 17, pages 84-85), marquée par neuf préemptions pour le compte du musée national de la Voiture du château de Compiègne, du musée des Arts décoratifs, et des châteaux de Versailles, de Fontainebleau et de la Malmaison. Estimé autour de 100 000 €, ce portrait de l’Impératrice parée du diadème du sacre, immortalisée par Jean-Baptiste Regnault, était disputé jusqu’à 262 500 €. Il reprend son effigie telle qu’elle apparaît dans la composition du mariage du prince Jérôme Bonaparte et de la princesse Frédérique-Catherine de Wurtemberg, mais il a pu être peint lors d’une séance de pose à la Malmaison. Probablement réalisé par le baron Gérard en 1804, juste après le sacre, et préparatoire au tableau en pied conservé au Musée national du château de Fontainebleau, un dessin montrant Joséphine en costume de sacre était négocié à 62 500 € (27 19 cm). Sans surprise, les reliques de Napoléon dépassaient elles aussi leurs estimations, à l’image de la chemise de batiste préparée pour le passage de ses troupes en revue après la bataille de Waterloo. Passée aux mains des ennemis de l’Empire, elle rejoint aujourd’hui une collection moyennant 100 000 €. D’autres vêtements portés par l’Empereur étaient disputés, comme une paire de bas en soie rouge acquis pour 26 875 €, ou, plus dramatique, une bande de batiste tachée de son sang lors de son autopsie, recueillie par le général de Montholon et transmise au premier duc de Bassano, adjugée 33 750 €. L'Empire reste également dans les esprits par son apparat. 58 125 € étaient requis pour prendre place dans un fauteuil de représentation en hêtre doré attribué à Jacob-Desmalter. Couronné par un fronton, ses accotoirs soutenus par des griffons, il est semblable à ceux des salles du trône.

Le second meilleur résultat revenait au service particulier de Napoléon emporté à Sainte-Hélène, celui « des Quartiers généraux » fabriqué
Le second meilleur résultat revenait au service particulier de Napoléon emporté à Sainte-Hélène, celui « des Quartiers généraux » fabriqué par Sèvres. Cette assiette à dessert, montrant « Le Grand Frédéric et ses lévriers dans les jardins du Palais de Sans-Souci à Potsdam », peint par Swebach en 1808 d’après un dessin de Denon, en faisait partie. De quoi justifier une adjudication à 243 750 € (diam. 23,3 cm, M. Dey, expert). Gravé au chiffre de Napoléon et aux grandes armes impériales, ainsi que de scènes mythologiques et de représentations cavalières à la hussarde, un gobelet en cristal lui ayant également appartenu, fabriqué vers 1810 - 1814 et attribué à l’éminent graveur Charpentier, changeait de mains pour 28 750 .
Après les maquettes de véhicules préemptés auprès de la même maison le 18 avril dernier (voir Gazette n° 16, page 67), le musée national d
Après les maquettes de véhicules préemptés auprès de la même maison le 18 avril dernier (voir l'article Préemptions pour Compiègne de la Gazette n° 16, page 67), le musée national de la Voiture du château de Compiègne poursuit l’enrichissement de sa collection avec ce traîneau du premier Empire ayant appartenu à l’impératrice Joséphine, emporté pour 212 500 €. Il illustre un mode de locomotion très en vogue au XVIIIe siècle, et remis au goût du jour dès le Consulat pour des parties de glisse sur les pièces d’eau gelées. Sous la protection de l’Aigle impériale, mais aussi de la déesse Hébé personnifiant la vitalité de la jeunesse, ce luxueux traîneau a été régulièrement exposé à partir de 1890, et il a appartenu à la collection de prestigieux carrossiers, les Faurax (M. Dey, expert, voir Gazette n° 17, page 85).

Le jeudi 6 mai mettait le mobilier sous les projecteurs (Mme de La Chevardière, expert), avec la préemption de ce guéridon en acajou et bo
Le jeudi 6 mai mettait le mobilier sous les projecteurs (Mme de La Chevardière, expert), avec la préemption de ce guéridon en acajou et bois patiné vert et doré pour le compte du musée des Arts décoratifs, moyennant 45 000 €. D’époque Directoire, estampillé par Georges Jacob, il proviendrait du château de Mortefontaine, acquis par Joseph Bonaparte en 1798. Porté par un fût sculpté de feuilles de laurier et de fleurons dans des croisillons, son plateau s’orne de palmettes d’ébène et d’une étoile de citronnier marquetée intarsia (75 109 cm). Une aquarelle de Charles Percier, préparatoire à la grande vasque montée en 1810 au palais des Tuileries, et aujourd’hui conservée au Grand Trianon, entre dans les collections du château de Versailles pour 20 000 € (45,5 30 cm la feuille).
Réalisé à la plume et à l’aquarelle, et rehaussé de gouache, ce grand dessin (59,8 x 74,7 cm, M. Dey, expert) est dû au peintre de bataill
Réalisé à la plume et à l’aquarelle, et rehaussé de gouache, ce grand dessin (59,8 74,7 cm, M. Dey, expert) est dû au peintre de batailles Louis François Lejeune (1775-1848), que Napoléon fit chroniqueur des campagnes de l’Empire. Il représente l’Attaque du grand convoi ramenant les dames de la cour du roi Joseph en France par les guérilleros du général Mina, dans le défilé de Salinas en Biscaye conduisant au col d’Arlabon, pendant la manche de Vittoria à Bayonne, le 25 mai 1812. Il a été préempté à hauteur de 125 000 € pour le château de Versailles, qui conserve la version à l’huile sur toile (213 x 265 cm) de ce sujet, présenté au Salon de 1819 avec un succès retentissant.
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