Les visages et les mots de la royauté

Le 21 avril 2021, par Sophie Reyssat

Ce portrait, donné à Jean-François Colson, et les souvenirs de Marie-Antoinette font le succès du XVIIIe siècle.

Attribué à Jean-François Colson (1733-1803), Portrait présumé de Charles-François Panard, toile, 81,5 65 cm. 
Adjugé : 87 500 

Cet élégant personnage, dont le portrait doublait son estimation, à 87 500 €, feuillette des partitions sur lesquelles figure le nom Panard… Charles-François de son prénom. Si ce lettré est vraisemblablement le chansonnier, auquel ses contemporains donnaient le surnom de «La Fontaine du vaudeville», son portraitiste est sans doute Jean-François Colson, connu pour avoir immortalisé des bourgeois comme des comédiens, des membres de la petite noblesse aussi bien que des savants, représentés avec un cadrage resserré renforçant l’impression d’intimité. Ses œuvres de jeunesse rappellent Chardin, à qui ce tableau avait d’abord été attribué (voir l'article Souvenirs de la royauté de la Gazette n° 15, page 88). Succès également pour les souvenirs de Marie-Antoinette, comme une imposante fontaine murale en cuivre et en laiton emportée pour 46 250 €, dont le réservoir porte les armes de la reine. Accosté de têtes de bélier, il présente un robinet en forme de dauphin, masquant un médaillon représentant Louis XVI (67 32 cm). Lui aussi d’une élégante simplicité, le fichu en dentelle d’Alençon porté par la souveraine, également reproduit dans La Gazette n° 15, était disputé jusqu’à 20 000 €. Une autre relique suscitait l’émotion, à 18 500 € : le gilet en coton porté par Louis XVII à la prison du Temple. Les clés du royaume de France, ou plus exactement des grilles de ses plus fameux parcs, réunies dans un coffret au nom de la princesse Adélaïde, changeaient de mains pour 33 125 €. La dispersion d’une collection de véhicules anciens était elle aussi remarquée, la Réunion des musées nationaux prononçant quatre préemptions (voir l'article Préemptions pour Compiègne page 67), tandis qu’un traîneau vénitien devançait de peu les chaises à porteurs. Ses patins propulsaient sa coquille à 26 250 €, guidée par une colombe et deux angelots. Trois lettres signées par François Ier, adressées au vice-chancelier de Milan, Jean de Selve, en 1517, étaient préemptées pour le compte des Archives nationales, moyennant 5 750 €.

Panorama (après-vente)

Préemptions pour Compiègne

Le 21 avril 2021, par Sophie Reyssat


La vente sur le thème de la royauté, présentée à Versailles le dimanche 18 avril (Osenat OVV, voir l'article Les visages et les mots de la royauté page 65), s’achevait avec la dispersion d’une collection de traîneaux, de chaises à porteurs et de diminutifs de véhicules. Parmi ces derniers, quatre modèles étaient préemptés pour le compte du musée national de la Voiture du château de Compiègne. Cette berline du tournant du XVIIIe siècle entre dans ses collections pour 30 000 €. L’exigence d’authenticité est allée jusqu’à placer des sièges d’aisance dans la cabine. Un tel véhicule pourrait être un jouet pour un futur grand seigneur. Reproduit dans la Gazette n° 15 en page 95 (voir l'article En carrosse !), un carrosse attelé, du premier tiers du XVIIIe siècle, fait son entrée au musée moyennant 22 500 €.

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