Une épée d'orfèvre d'époque Louis XVI

Le 15 juillet 2021, par Sophie Reyssat

Bijou d’orfèvrerie paré de diamants, cette arme évoquait avec faste le règne de Louis XVI.

Époque Louis XVI, vers 1780, épée princière ou d’un haut dignitaire, monture en or et émail bleu de roi sur fond de croisillons enrichi de diamants, lame droite triangulaire dorée et bleuie, gravée «Bougues et Giverne son gendre Mds Fourbisseurs rue de la Vielle (sic) Boucherie à l’Epée Royale à Paris», fourreau en bois recouvert de galuchat blanc à trois garnitures d’or (postérieur, réalisé au modèle), l. 98,7 (épée), 88,8 cm (lame).
Adjugé : 182 700 

Véritable pièce d’orfèvrerie objet du Coup de cœur de la Gazette n° 26 (voir l'article Une épée d’époque Louis XVI sertie comme un bijou page 20), cette épée respectait son estimation en étant emportée pour 182 700 €. Si la monture, ornée d’or, d’émail et de diamants, n’a pas été signée par son joaillier, le fourbisseur est identifié plusieurs fois sur la lame. Il s’agit d’Étienne Giverne, l’un des artisans parisiens les plus réputés de cette profession. Actif dès 1745, il est référencé comme fourbisseur des mousquetaires et de la maison du roi, en 1774 et 1777. En épousant Catherine Geneviève Bourgues, en 1751, il a hérité du stock d’un autre maître, Pierre Bouguese, ou Bougues. La lame, qui porte leurs deux noms, pourrait provenir de ce dernier, et donc être un peu plus ancienne que la poignée et la garde orfévrées. Outre cette épée de fantaisie, une pièce de commande destinée à être portée à la cour, une montre de poche évoquait la seconde moitié du XVIIIe siècle. Signée L’Épine à Paris, elle était emportée pour 19 375 €. La présence d’une couronne fleurdelisée sertie de strass, surmontant les rinceaux ornant son mouvement à coq visible à travers un fond ajouré serti d’un verre, montre que cette belle pièce d’horlogerie était destinée à être offerte (diam. cm, poids brut 46 g). Si le coffret doté d’une serrure réalisée par Louis XVI ne trouvait pas preneur (voir Gazette n° 27, page 60), un souvenir de l’époque napoléonienne était remarqué par les collectionneurs. Attendue au plus haut à 6 000 €, une décoration du maréchal Mouton, comte de Lobau, aide de camp de l’Empereur, était disputée jusqu’à 25 000 €. Il s’agit de son insigne de commandeur de l’Ordre de la couronne de fer du royaume d’Italie (33 2,3 cm, poids brut 14,8 g). Cet insigne en or émaillé, suspendu à un long ruban à bouffette, est conservé dans son écrin frappé des grandes armes impériales. La pièce est rare, le nombre de récipiendaires de cette décoration ayant été fixé à cent.

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