Voyage royal en compagnie de Marie-Antoinette

Le 28 mai 2020, par Sophie Reyssat

Marie-Antoinette était la reine de cette dispersion, grâce à des objets lui ayant appartenu.

Vers 1780, malle de voyage de la suite de la reine Marie-Antoinette, en bois garni de cuir, couvercle renforcé et bardé de bandes en fer forgé cloutées, et garni de bandes de protection en bois, inscrit en clous de laiton «Chambre de la Reine n° 10», deux serrures et deux poignées, 111 51 48 cm.
Adjugé : 43 750 

Des amateurs de toutes nationalités s’intéressaient à l’histoire de France, dont la personnalité la plus emblématique était ici Marie-Antoinette. Cette malle lui ayant appartenu était bataillée au quadruple de son estimation. Il s’agit de l’un des trois modèles connus, les deux autres étant conservés au château de Versailles. Utilisée par la reine lors du sacre de Louis XVI, en 1775, une serviette damassée, ornée d’un bouquet de roses entouré de fleurs de lys dans des couronnes feuillagées, suscitait l’émotion à hauteur de 14 500 €. Une note précise qu’elle a été conservée par monseigneur Coussy, aumônier de Reims. Dans une lettre à sa mère, Marie-Antoinette évoque le souvenir de cette journée parfaite : «Les cérémonies de l’Église [furent] interrompues au moment du couronnement par les acclamations les plus touchantes. Je n’ai pu y tenir, mes larmes ont coulé malgré moi, et on m’en a su gré [...]. C’est une chose étonnante et bien heureuse en même temps d’être si bien reçu deux mois après la révolte, et malgré la cherté du pain, qui malheureusement continue.» Signalons encore que les Amis de Versailles faisaient l’acquisition pour le château, à hauteur de 3 000 €, d’un ouvrage de John Seally aux armes de la souveraine, Le Beau garçon ou Le Favori de la fortune. À 28 125 €, un serviteur de la France, Nicolas de Ranché, était remarqué pour son portrait expressif sculpté par un suiveur de Pierre Puget. Il a sans doute été exécuté pour immortaliser son accession à la charge de commissaire général des galères de France, en 1702, un titre prestigieux gravé dans le marbre (voir ci-contre). Incontournable, l’Histoire naturelle des oiseaux, de Georges-Louis Leclerc de Buffon, obtenait 23 750 €. Il s’agit ici d’un tirage séparé de cette bible de l’ornithologie, dont la publication s’étendit entre 1770 et 1786. Ce petit in-folio associe des volumes de l’édition originale et de l’une de ses contrefaçons, et rassemble 973 planches gravées sur cuivre hors texte, rehaussées de couleurs à la main.
 

École française du premier quart du XVIIIe siècle, suiveur de Pierre Puget (1620-1694), médaillon en marbre sculpté en haut relief, inscri
École française du premier quart du XVIIIe siècle, suiveur de Pierre Puget (1620-1694), médaillon en marbre sculpté en haut relief, inscrit «Nicolas de Ranché commissaire général des galères de France», 63 48 22 cm, dim. totales : 78 64 cm.
Adjugé : 28 125 
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