Jean-François Millet prend la mer

Le 08 avril 2021, par Sophie Reyssat

Le succès était au rendez-vous pour une rare marine ayant appartenu à la collection du comte Doria.

Jean-François Millet (1814-1875), Pleine mer par vent frais, un grain, dessin au fusain signé, 27 37,5 cm, avec cadre : 48,3 60,5 cm.
Adjugé : 47 500 

Ardemment bataillé au téléphone entre des amateurs français, ce fusain de Jean-François Millet était propulsé à 47 500 €. Le bon état de cette belle feuille, mais surtout la grande rareté des marines traitées par l’artiste, expliquaient le succès de Pleine mer par vent frais, un grain. Ses références également. Ce dessin, exposé à l’École des beaux-arts de Paris en 1887, a en effet appartenu à la collection du comte Armand Doria, et figurait au catalogue de sa vente après décès de 1899, par la galerie Georges Petit. Avec Jongkind et Corot, Millet a été l’un des premiers artistes défendus par l’aristocrate esthète, alors même que ces peintres étaient encore inconnus et leur talent incompris. Certaines œuvres de Millet, considérées depuis comme des chefs-d’œuvre, ont ainsi débuté leur carrière dans son salon de la rue de Tivoli – rebaptisée rue d’Athènes –, où il recevait les artistes qu’il appréciait et les amateurs partageant ses convictions. Millet figurait également en première place aux cimaises de son château d’Orrouy, qui a vu défiler toutes les personnalités ayant joué un rôle dans l’art moderne. Le comte s’y est intéressé dès 1856, défendant les refusés face aux tenants des conventions et de l’art académique. « II ne suffit pas de profiter du talent d’un artiste. Il faut tâcher d’être utile à l’artiste lui-même », affirmait le mécène. Millet était également représenté par un dessin immortalisant Simon Butler, le Mazeppa américain, emporté pour 8 750 €. Dans cette aquarelle et gouache sur crayon noir (6 cm), l’artiste s’inspire de l’œuvre peinte en 1826 par Horace Vernet, Mazeppa aux loups, pour illustrer le supplice de ce pionnier du Kentucky et de l’Ohio, fait prisonnier par les Indiens et attaché à un cheval sauvage. Cette feuille fait partie d’une série de projets de lithographies de Karl Bodmer, pour Annals of the United States Illustrated. The Pioneers.
 

mardi 30 mars 2021 - 10:30 - Live
Osenat
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