Jean-François Millet portraitiste

Le 29 octobre 2020, par Sophie Reyssat

Millet et Puvis de Chavannes se faisaient ambassadeurs du XIXe siècle avec leurs dessins.

Jean-François Millet (1814-1875),  Portrait d’Auguste-Félix Postel, pastel signé, 39 31 cm (à vue).
Adjugé : 90 000 

On peut parler de vente en « gants blancs » pour cette dispersion d’une collection d’œuvres du XIXe siècle, essentiellement constituée de dessins, qui récoltait un produit global de 830 944 €, soit le double des prévisions. Les pièces les plus importantes étaient acquises par des Français, qui ont livré des batailles d’enchères majoritairement contre des Américains et des Britanniques. Attendu au plus haut à 20 000 €, ce pastel de Jean-François Millet était ainsi propulsé à 90 000 €, en raison de sa qualité d’exécution, de son bel état et de sa rareté. L’artiste l’a exécuté après avoir été contacté par le conseil municipal de Cherbourg pour réaliser le portrait officiel de l’ancien maire de la ville, Auguste-Félix Postel, en 1841. Il s’agit là d’un beau témoignage des débuts de l’artiste, dont peu d’œuvres sont conservées. Millet réside encore en Normandie et gagne sa vie en peignant des portraits appréciés par les notables locaux, des sujets allégoriques, des pastorales décoratives ou encore des nus sensuels. Il cherche son style, le réalisme, qui prend toute sa mesure avec son installation à Barbizon, en 1849. En témoignent sa Paysanne versant de l’eau dans une cour de ferme (28,5 21,5 cm) et sa Femme étendant son linge (27 21 cm), deux fusains respectivement négociés à 65 000 et 45 000 €. Auteur de grands décors muraux dont les études sont très recherchées, Pierre Puvis de Chavannes était également honoré par un résultat à 65 000 €, obtenu par Charles Martel, vainqueur des Sarrasins. Très abouti, ce dessin au fusain et à la plume, rehaussé de craie blanche, constitue en effet une étude préparatoire au décor de l’hôtel de ville de Poitiers, peint en 1874. Camille Pissarro prenait la suite, à 52 500 €, avec ses Trois paysannes immortalisées à la gouache et à la peinture à la gomme vers 1890-1891 (voir l'article Dessine-moi les peintres du XIXe siècle, Pissarro en tête... de la Gazette n° 37, page 93).  Fontainebleau, dimanche 25 octobre. Osenat OVV, CABINET Maréchaux.

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