Pleins feux sur Sèvres et l’Empire

Le 17 décembre 2020, par Sophie Reyssat

La manufacture de porcelaine convie Napoléon et Cambacérès à sa table. Préemptions à la clé !

Sèvres, 1807, sucrier «aigle» sur plateau attenant, prise du couvercle en forme d’aiglon émergeant d’un œuf, fond or et pourpre, décor polychrome de papillons et d’insectes sur fond bleu pâle, en porcelaine dure, provenant du service « fond pourpre, vues d’Italie, de France, fables, etc. » de l’archichancelier Cambacérès, marqué « M. Imple de Sèvres 7 » en rouge et en creux « L » et « F », l. 28,5 cm, h. 25 cm.
Adjugé : 15 625 

Deux jours rendaient hommage à l’Empire (voir l'article L’empire du raffinement de la Gazette n° 43, page 142). Offert par Napoléon Ier à l’archichancelier Jean-Jacques Régis de Cambacérès, en 1807, et réalisé par la manufacture de Sèvres, le service « fond pourpre, vues d’Italie » était à l’honneur. Quatorze éléments de cet ensemble étaient ici proposés et récoltaient 128 000 €. Les Musées nationaux se réservaient quatre pièces de forme, préemptées à 31 125 € pour le compte du musée Napoléon Ier du château de Fontainebleau, dont ce sucrier navette, terminé par deux têtes d’aigles, emporté pour 15 625 €. Les assiettes, montrant des paysages, mais aussi des animaux inspirés par les fables d’Ésope et de La Fontaine, étaient partagées entre amateurs dans une fourchette de 8 750 € à 13 750 €. Sèvres se faisait également remarquer, grâce à une paire de vases Médicis fabriqués vers 1813-1814, et emportés au double de leur estimation, soit 64 375 €. En biscuit, à l’imitation de Wedgwood, ils s’ornent de bas-reliefs, l’un montrant le sacrifice d’Iphigénie, l’autre célébrant Bacchus et Ariane. La manufacture de Dihl et Guerhard n’était pas en reste, 43 750 € étant prononcés pour sa plaque en porcelaine imitant le bronze, dont le décor, montrant Minerve célébrée par des nymphes et des putti, a été signé par Piat-Joseph Sauvage. Attendu dans la section peinture, le Portrait présumé de Marie-Jean Hérault de Séchelles (1759-1794), une toile ovale peinte « l’an 3e de la Rép... » par Adélaïde Labille-Guiard, respectait les attentes, à 51 250 € (65 54 cm, voir l'article Un Conventionnel peint par Adélaïde Labille-Guiard, une artiste royale de la Gazette n° 42, page 20). Si l’aquarelle de Charles Percier montrant la grande vasque pour le palais des Tuileries ne trouvait pas preneur d’autres avaient des amateurs, comme le projet de pendule pour Manuel Godoy y Alvarez de Faria, prince de la Paix, emporté pour 26 250 € (31,5 18 cm). La jardinière de la duchesse de Berry pour les Tuileries obtenait, quant à elle, 8 500 .

Napoléon Ier a suggéré au roi de Bavière de nommer le maréchal Mouton, comte de Lobau, chevalier de l’ordre de Saint-Hubert. Celui-ci a ai
Napoléon Ier a suggéré au roi de Bavière de nommer le maréchal Mouton, comte de Lobau, chevalier de l’ordre de Saint-Hubert. Celui-ci a ainsi reçu la plus importante gratification du royaume le 24 octobre 1809, en récompense de sa bravoure, notamment pendant la campagne d’Autriche, sur le pont de Landshut et à Essling. Biennais est l’auteur de cette étoile rayonnante en argent, croix en or à centre émaillé rouge, marquée de la devise de l’ordre « In Trau Vast » (diam. 85 mm, poids brut 64,7 g). Il s’agirait de l’une des seules plaques métalliques de cet ordre exécutée par l’orfèvre, les modèles de l’Empereur étant habituellement en canetille et velours (M. Dey, expert). Elle recevait 33 750 € .
52 500 € étaient requis pour ce Portrait de Thérésia Cabarrus, comtesse de Caraman (1773-1835), une toile peinte par le baron François Gér
52 500 € étaient requis pour ce Portrait de Thérésia Cabarrus, comtesse de Caraman (1773-1835), une toile peinte par le baron François Gérard (1770-1837) et ses collaborateurs (34 21,5 cm, cabinet Turquin, expert). Égérie du Directoire sous le nom de madame Tallien, elle accède au titre de comtesse en épousant François Joseph Philippe de Caraman, futur prince de Chimay, en 1805. Le peintre l’a immortalisée cette année-là, montrant ostensiblement son anneau, dans une posture dynamique théâtralisée par le rideau pourpre, alors qu’elle s’apprête à entrer en scène en quittant le jardin pour pénétrer dans un salon. Cette œuvre est considérée comme une esquisse pour son portrait aujourd’hui conservé au musée Carnavalet, à Paris, face à une œuvre réalisée par le peintre à la même époque, le portrait de madame Récamier.
Eugène Jean-Baptiste Claude Guillaume (1822-1905) était remarqué pour quatre bustes en marbre (h. 80 cm chacun). Ils font partie d’une sér
Eugène Jean-Baptiste Claude Guillaume (1822-1905) était remarqué pour quatre bustes en marbre (h. 80 cm chacun). Ils font partie d’une série de six, taillés d’après des plâtres conservés à la Malmaison, et figurent Napoléon Ier à différentes époques de sa vie : en général en chef de l’armée d’Italie pour 36 250 €, en costume de sacre à hauteur de 37 500 €, dans sa maturité avant la campagne de Russie pour 33 750 €, et au moment de sa captivité moyennant 24 375 €. Le souvenir du sculpteur était également évoqué par un plâtre original patiné représentant Orphée charmant les bêtes féroces, négocié à 24 375 € (h. totale 197 cm, voir Gazette n° 43, page 142, Mme de La Chevardière, expert).
Trois belles surprises attendaient les médailles en or (Mme Berthelot-Vinchon). Celle-ci, célébrant le mariage de Napoléon Ier et de Marie
Trois belles surprises attendaient les médailles en or (Mme Berthelot-Vinchon). Celle-ci, célébrant le mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise d’Autriche, le 11 mars 1810, était propulsée à 50 000 € sur une estimation haute de 4 000 € (diam. 49 mm, poids 69 g). Une autre, de 1806, était bataillée à 40 000 € : elle montre la tête laurée de l’Empereur sur une face, et la colonne de la Grande Armée, place Vendôme, sur l’autre (diam. 41 mm, poids 54 g). Du Directoire cette fois, une médaille titrée « Encouragements et récompenses à l’Industrie », décernée à Merlin Hall, décrochait 33 750 €. Marianne tenant une couronne de laurier y est figurée auprès de l’Industrie (diam. 56 mm, poids 151 g).



 
mardi 08 décembre 2020 - 14:00 - Live
Osenat
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