Toute une histoire

Le 10 septembre 2020, par Sophie Reyssat

Du sabre shamshir à la pendule au char d’Apollon et aux vases de Berlin, les objets en disent long.

Époque Empire. Pendule dite le «Char d’Apollon» ou «Char de Phaéton», en bronze ciselé patiné et doré, mouvement avec échappement à ancre et suspension à fil de soie, sonne les heures et les demies sur un timbre, avec roue de compte extérieure, base en marbre vert de mer, 76 72 24 cm.
Adjugé : 40 000 


Les objets ont plus d’un récit à nous conter, et c’est ce qui fait leur richesse. Preuve en est avec un sabre propulsé à 110 000 €, non pour son appartenance au major Artaut, du 26e régiment de chasseurs à cheval, mais pour sa lame persane portant des traces de signature. Deux connaisseurs iraniens ont bataillé ce shamshir de la fin du XVIIIe siècle, évocateur d’une page de leur histoire. Celle de Phaéton, foudroyé par Zeus pour avoir mal conduit le char de son père, le dieu du soleil Hélios, a traversé les siècles depuis l’Antiquité, ravivée par le texte d’Ovide et ses interprétations artistiques, dont cette pendule est un bel exemple salué à 40 000 € (voir l'article La course du temps de la Gazette n° 29, page 69). Son modèle, décliné en deux versions, est donné à Pierre-Philippe Thomire. Il est à rapprocher d’une pendule des collections royales espagnoles, arborant elle aussi un bas-relief figurant le sacrifice de Mithra. De son portrait en tenue de sacre, à celui de son retour de l’île d’Elbe à bord de l’Inconstant, le premier par Joseph-Joachim Guernier et le second par Guillaume Alphonse Cabasson (respectivement 15 000 et 15 625 €), Napoléon Ier a été la figure incontournable des cimaises. Moyennant 27 500 €, Robert Lefèvre le représentait également en uniforme de chasseur à cheval de la garde, arborant Légion d’honneur et ordre de la Réunion. Une toile réputée provenir des collections du prince Murat. Celles du musée Napoléon du château de Fontainebleau se sont enrichies d’une paire de vases provenant de Berlin sous l’Empire, et préemptée à 12 500 €. Ils ont sans doute été fabriqués entre 1806 et 1808, alors que la ville était occupée par les Français suite à la victoire d’Iéna. Henri-Jacques-Guillaume Clarke, nouveau gouverneur de Berlin nommé en 1806, est représenté sur l’un des vases. Sur l’autre, figure Étienne d’Hastrel de Rivedoux, futur chef d’état-major général provisoire de l’armée d’Allemagne, en 1811.
 

Berlin, époque Empire. Paire de vases en porcelaine de forme cratère, nommés «Redensche Vase n° 0», ornés des portraits en biscuit en bas
Berlin, époque Empire. Paire de vases en porcelaine de forme cratère, nommés «Redensche Vase n° 0», ornés des portraits en biscuit en bas relief d’Henri-Jacques-Guillaume Clarke, duc de Feltre, et de son beau-frère Étienne d’Hastrel de Rivedoux, armoiries au revers, h. 29,5 cm.
Adjugé : 12 500 
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