Les pépites d’un manoir breton

Le 12 mars 2020, par Philippe Dufour

Restauré par les grands amateurs d’art – et de vieilles pierres –, Jack Meyer et son épouse, le manoir médiéval de Mezedern, à Plougonven, avait été entièrement remeublé, avec une nette préférence pour le style Haute Époque. Un choix salué par les enchères.

Mauboussin, broche «Oiseau de paradis», vers 1960, platine, or jaune, rubis, émeraudes taillées en cabochon, diamants de taille ancienne et taille 8/8, signée Mauboussin Paris et numérotée, poinçon de maître, 5,2 3,5 cm env., poids brut 22,6 g.
Adjugé : 27 300 

En accord avec son époque rigoureuse, une partie de stalle en chêne (110 233 111 cm), sculptée au début du XVIe siècle, recueillait 16 500 €. Elle présente trois places, avec supports d’accoudoirs décorés de personnages et d’un chien, alors que les miséricordes prennent la forme d’un pélican, d’un visage et d’une scène évangélique : la naissance du Christ. D’autres pièces délicates illustraient des périodes plus récentes, telle cette somptueuse paire de flambeaux en argent par Alexis Loir (Paris, 1747-1748), orfèvre reçu en 1733. Hauts de 35 cm, ils reposent sur une base à gorge gravée aux armes de François Samuel Rigollier. Notons qu’un modèle très proche du même Loir est conservé dans la collection Puyforcat. Ils s’illuminaient pour 13 270 €. Au rayon argenterie, brillait aussi une rare boîte ronde «de toilette», fabriquée à Perpignan au début du XVIIIe siècle (diam. 13,5 cm, poids 516 g) ; pour ce bel objet au couvercle bombé, gravé des armes de la famille Chambert de Bizanet, il fallait compter 11 400 €. Très attendue, une miniature au Portrait de jeune femme en robe de soie blanche[…] (6,3 5,2 cm) portant la signature de Jean-Baptiste Augustin (voir l'article Collections Jack Meyer de la Gazette n° 7, page 96), était saisie à 12 150 €. Il s’agit d’une aquarelle et gouache ovale peinte sur ivoire, datée «1805», tout à fait dans l’esprit de celles que l’artiste peignait pour Napoléon et son entourage – et qui parfois venaient orner des boîtes de présent. Des bijoux étaient aussi dispersés, dont, sur la première marche du podium, une charmante broche (5,2 3,5 cm environ) Oiseau de paradis réalisée vers 1960 par la maison Mauboussin, et épinglée à 27 300 €. En platine, elle porte des rubis et des émeraudes taillés en cabochon ; la tête, les ailes et la queue sont également enrichis de diamants de taille ancienne.

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