Les notes d’une guitare baroque de Voboam

Le 06 mai 2021, par Philippe Dufour

Ses sonorités exceptionnelles se faisaient entendre à Vichy, accompagnées du timbre du cistre et de la flûte à bec.

Paris, seconde moitié du XVIIe siècle. Guitare baroque d’Alexandre Voboam, if, épicéa, ébène et filets d’ivoire, l. 94 cm, diapason 69 cm.
Adjugé : 57 150 

Alexandre Voboam naît à Paris à une date mal définie, mais que l’on place autour de 1640. Il appartient à une famille de luthiers, dont les réalisations demeureront de véritables références en ce domaine, et ce jusque dans les années 1760. Cette guitare baroque de sa main (longueur totale : 94 cm), des environs de 1670, a traversé trois siècles et demi dans un état quasi originel, avec fond en if, éclisses en ébène incrusté d’ivoire, et rosace au motif de pistagne. Dans un cartouche incrusté dans la tête, on peut déchiffrer la signature du maître (voir l'article Les cinq cordes d'une guitare de bon goût de la Gazette n° 16, page 88)… Un modèle qui ne pouvait qu’attirer ces 57 150 €. Un siècle plus tard, le cistre se faisait une place dans les salons : il s’agit d’un instrument à cordes pincées qui a fait son apparition vers le XVe siècle, et revint furieusement à la mode sous le règne de Louis XVI… avant de replonger dans l’oubli. Un rare et bel exemplaire signé de Gérard Deleplanque – marque au fer sur l’arrière de la tête – et fait à Lille en 1777, arbore une caisse en érable à neuf côtes alternées de filets d’ivoire et d’ébène, et surtout une magnifique rosace en ivoire finement ciselée (l. 80 cm). Il sonnait en échange de 13 666 €. Après les cordes, les vents… avec plusieurs flûtes à bec, dont une réalisation tout aussi baroque, puisque estampillée «I.H. Eichentopf» à Leipzig aux alentours de 1730. L’instrument est en fa (soit un diapason bas), en buis et à bagues d’ivoire (l. 8,9 cm) : en très bon état général, il a été vendu 27 280 €.

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