À Vichy, les violons du bal avec Vuillaume, Tourte et Peccatte

Le 05 décembre 2019, par Philippe Dufour

Le troisième opus de la dispersion de la collection du luthier Bernard Millant récompensait, une fois de plus, le travail des maîtres français de l’archeterie.

Violon de Jean-Baptiste Vuillaume, fait à Paris vers 1840-1845, diapason 359 mm.
Adjugé : 146 320 

Le mercredi 27 novembre, c’est François Xavier Tourte – surnommé traditionnellement le Stradivarius de l’archet – qui remportait la mise grâce à sa baguette d’archet de violon, montée en argent et empoignée à 114 080 € (voir l'article Collection Bernard Millant, troisième volet de la Gazette n° 40, page 196). Mais la veille, le mardi 26, venant d’horizons plus divers, on avait déjà découvert d’autres archets, tel celui destiné à un violon et exécuté par Dominique Peccatte, un exemplaire monté argent et de 49,5 g, sans mèche ni garniture, mais qui nécessitait tout de même 93 000 €. On retrouvait encore Tourte, grâce à une autre baguette d’archet de violon à 89 280 €, avec hausse et bouton postérieurs faits en copie, montés argent (59 g), et munie d’une garniture légère. Plus abordable, apparaissait ensuite un archet de violoncelle signé par Claude Joseph Fonclause, adjugé 52 080 €, un record mondial pour une réalisation de ce spécialiste. Du côté des violons, la palme revenait à une production du grand Jean-Baptiste Vuillaume, auteur d’un instrument (diapason 359 mm) fabriqué à Paris vers 1840/1845 et portant une étiquette avec le nom de son auteur. Il devait s’envoler à 146 320 €, le propulsant champion toutes catégories des deux jours de ventes. L’Italie, autre patrie des meilleurs luthiers européens, était représentée par un violon de Romeo Antoniazzi (55 800 €) ; réalisé à Milan en 1911, il porte une étiquette précisant «Antoniazzi Romeo» (diapason 359 mm). Tandis que celui de Giuseppe Tarasconi fait à Milan vers 1895-1900, et portant une étiquette apocryphe de Ceruti (diapason 356 mm), recueillait 44 640 €. Plus ancienne, car datant de la fin du XVIIIe siècle, une viole d’amour signée du Napolitain Ferdinand Gagliano résonnait aussi pour 35 960 €.

jeudi 28 novembre 2019 - 00:00 - Catalogue
Vichy Enchères
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne