Les ports, un ancrage moderne

Le 04 juillet 2019, par Anne Doridou-Heim

Eugène Boudin et Jean Dufy, chacun à son époque et avec style, livraient leurs vision des ports.

Jean Dufy (1888-1964), Le Port, huile sur toile, 81 100 cm.
Adjugé : 52 000 

L’Arlequin dessiné au crayon vers 1905 par Pablo Picasso (1881-1973) et reproduit en page 55 de la Gazette n°24 (voir l'article Arlequin, valet de comédie devenu sujet récurrent de Picasso) quittait la scène sans succès. Les vues de port affectionnées par Eugène Boudin (1824-1898) et Jean Dufy (1888-1964) étaient plus demandées. Trouville, les jetées, marée basse (35 27 cm), peint par le premier en 1890 et salué ici de 58 500 €, rappelait l’amour du maître pour ces ciels changeants normands et combien il savait les capter pour les restituer dans des œuvres qui, elles aussi, semblent vibrer. Cette toile, peinte dans la dernière décennie de la vie de Boudin, s’inscrit dans la mouvance de celles exécutées dès 1860, lorsqu’il annonçait l’impressionnisme. Quelques numéros plus loin, Le Port (reproduit ci-contre), du second, offrait une tout autre ambiance. Si le sujet est identifiable, son traitement, par touches colorées ne respectant ni les formes ni la réalité, le rend fantasmagorique et traduit l’originalité de cet artiste à la marge des avant-gardes. La part de rêve avait un prix : 52 000 €.

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne