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Buffet, Laurencin, Dufy… et un diamant Fancy Green

Le 06 janvier 2022, par Philippe Dufour

À Cannes, le rendez-vous traditionnel de la fin de l’année a tenu toutes ses promesses avec d’excellents résultats attribués à la peinture moderne, à la haute joaillerie et aux belles caves.

Buffet, Laurencin, Dufy…  et un diamant Fancy Green
Bernard Buffet (1928-1999), Marée basse, 1967, huile sur toile signée et datée, 54 81 cm.
Adjugé : 174 445 

Parmi les œuvres majeures présentées à l’hôtel Martinez le jeudi 30 décembre, se laissait détailler ce paysage breton saisi dans toute sa poésie par un certain Bernard Buffet… Marée basse (54 81 cm) a été peint en 1967, et bien répertorié dans le catalogue raisonné de Yann Le Pichon sous le n° 635 (vol. II). Complété de l’indispensable certificat de la galerie Maurice Garnier, il s’est élevé jusqu’à 174 445 €. Dans son sillage, avec 169 420 €, un tableau plutôt rare de ce côté-ci de l’Europe : Les Montagnes bleues de Nicolas Constantinovitch Roerich, disputé à l’international à partir d’une estimation de 20 000/30 000 €. La tempera sur carton de ce peintre russe provenait de l’ancienne collection du compositeur danois Knudage Riisager (1897-1974), puis d’une collection privée niçoise. Il est issu de la série des «Études caucasiennes» initiée en 1913 par Roerich lors de son voyage dans le nord du Caucase. Sujet du «Zoom régions» de la Gazette n° 45 (voir l'article Dufy célèbre les régates d’outre-Manche page 26), la toile montrant les Régates à Cowes (45,5 54,5 cm) a été couronnée par 102 900 € ; il faut dire que son auteur, le peintre Raoul Dufy, y déploie en 1929 toute son audace chromatique, divisant l’espace en travées verticales aux couleurs vives, ponctuées par les motifs des bateaux. La composition sera d’ailleurs reproduite dans le second supplément au catalogue raisonné de son œuvre peint, en préparation par Fanny Guillon-Laffaille. Quant à Armand Guillaumin, il était aussi présent à travers un Paysage de la Creuse brossé vers 1912 ; la toile (50 61 cm), munie d’un certificat de MM. Fabiani et Cazeau en 2001, partait à 42 700 €. Au chapitre de la sculpture moderne, se détachait enfin un fameux Pouce : celui de César, sculpté par ce dernier en 1965, soit une épreuve en marbre signée (43,2 23 23 cm), portant le n° 608 dans les archives Denyse Durand-Ruel. Il décrochait 44 550 €.

 

Le vendredi 31 décembre était consacré à la haute joaillerie, où brillait tout particulièrement un exceptionnel diamant poire à la subtile
Le vendredi 31 décembre était consacré à la haute joaillerie, où brillait tout particulièrement un exceptionnel diamant poire à la subtile couleur Fancy Green, affichant une pureté SI1 ; la pierre pèse 1,01 ct et est sertie dans une monture en or blanc retenant des diamants de taille brillant (poids brut : 3,28 g). La bague changeait de mains pour 59 000 €. Mais la plus belle enchère, s’élevant à 82 850 €, est revenue à un solitaire en or blanc serti d’un diamant de forme marquise pesant 5,63 ct, de couleur E et de pureté SI1.
Peintre, graveuse, illustratrice et également poétesse, Marie Laurencin (1883-1956) signe ici Les Trois Femmes au lévrier (73 x 60 cm), un
Peintre, graveuse, illustratrice et également poétesse, Marie Laurencin (1883-1956) signe ici Les Trois Femmes au lévrier (73 60 cm), une toile reprenant les ambiances aux tons pastel et d’une infinie délicatesse qui lui sont chères. Un style qu’elle a développé dans les années 1920, après une jeunesse fauviste et qui l’a lancée dans le Tout-Paris de l’avant-guerre. L’œuvre proposée à Cannes a été vendue 97 900 € ; provenant d’une collection privée, la composition est naturellement référencée dans les archives Marie Laurencin réunies par Daniel Marchesseau.
Trois jours de ventes ont été nécessaires pour disperser les grands vins provenant de belles caves françaises, pour un résultat avoisinant
Trois jours de ventes ont été nécessaires pour disperser les grands vins provenant de belles caves françaises, pour un résultat avoisinant les 4 M€ ! En tête, des crus mythiques de Bourgogne, à travers les productions du domaine de la Romanée-Conti, représentées par deux assortiments, le premier de 16 bouteilles de 2010, adjugé 111 600 €, et le second de 12 issues du très convoité millésime 1999, parti à 102 300 €. Du côté des bordeaux, se détachaient de rares jéroboams, tel un château-lafite de 1982 pour 34 700 €, et un haut-brion de 1989 pour 35 959 €.
Le frère de Raoul Dufy, Jean (1888-1964), était aussi de la vacation, grâce à toile caractéristique de sa manière synonyme de joie de vivr
Le frère de Raoul Dufy, Jean (1888-1964), était aussi de la vacation, grâce à toile caractéristique de sa manière synonyme de joie de vivre. Il s’agit d’une Promenade au bois de Boulogne (46,5 50 cm), datée de 1928 et adjugée 34 130 €. S’il partage avec son aîné certains procédés plastiques, en particulier l’utilisation de couleurs fortes, le souci des scènes animées de multiples personnages ouvre des perspectives différentes, sensibles dans notre vue aux cavaliers. Ce tableau sera répertorié dans le catalogue raisonné actuellement en préparation par Jacques Bailly.

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vendredi 31 décembre 2021 - 13:30 (CET) - Live
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