Les soleils noirs d’André Marfaing

Le 14 octobre 2020, par Philippe Dufour

D’origine toulousaine, André Marfaing pose un regard exigeant sur l’abstraction, qui séduit de plus en plus de connaisseurs.

André Marfaing (1925-1987), Composition, 1973, lavis d’acrylique marouflé sur toile, 151 109 cm.
Adjugé : 42 560 

Sobrement intitulée Composition (151 109 cm), l’œuvre a été brossée à l’aide d’un lavis d’acrylique par André Marfaing en 1973. Marouflée sur toile, elle porte aussi la référence de l’atelier du plasticien, «Z71»… Si la notion de geste est toujours omniprésente chez Marfaing, qui recouvre la surface de ses toiles de grands aplats de couleur noire, elle est ici plus vivante que jamais, en envahissant le fond blanc depuis sa partie supérieure. Particulièrement captivante, la peinture de grand format a été adjugée 42 560 €. Une seconde œuvre de l’artiste lui succédait : la Composition de 1984, signée et datée au dos, analysée dans la Gazette n° 34 (voir l'article André Marfaing, un éclair de lumière page 116). L’huile sur toile (116,5 89 cm) a presque doublé son estimation haute en récoltant 40 128 €. Cette fois, le peintre fait surgir un rai de lumière entre deux masses de pâte noire… Malgré la distance la séparant des deux lots précédents, une pièce de mobilier Haute Époque semblait leur répondre en raison de son authenticité. Il s’agit d’une armoire réalisée au Tyrol vers 1500, dans un bois de résineux ; ouvrant à deux portes, elle présente un décor sculpté en méplat de danseurs de «morisque» – une chorégraphie médiévale au rythme binaire et vif, importée par les Maures d’Espagne. Agrémentée d’un soubassement à décor de rinceaux et d’une belle ferronnerie, cette pièce vénérable est partie à 27 968 €.

La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne