Ancêtre fang et saint Jean

Le 10 octobre 2019, par Sophie Reyssat

Art africain et art religieux mettaient en avant le Gabon et la Haute Époque.

Tête fang, Gabon, bois, profonde patine suintante, h. 42 cm.
Adjugé : 300 000 

Anciennement vénérée dans la pénombre d’une case gabonaise, sans doute celle d’un chef de lignage, cette tête d’ancêtre était de nouveau adulée ce dimanche, en étant propulsée à près du quadruple de son estimation. Qu’en aurait-il été si ce visage, supposé remonter au XIXe siècle, avait conservé ses ornements ? Des disques de métal ou d’os, fixés par des pointes métalliques encore en place, le dotaient alors d’un troublant regard… Également reproduit dans notre Gazette n° 33 (voir l'article Haute Époque et statuaire du Gabon, page 120), et attendu au plus haut à 20 000 €, un saint Jean de calvaire sculpté en Espagne au XIIIe siècle était propulsé à 77 500 €. La douce effigie, qui pose la main droite sur sa joue juvénile et tient les Évangiles dans la gauche, a conservé une belle polychromie. Appartenant à la même collection réunie par Yvan Carrière, un imposant plat rond en faïence lustrée produit à Manises, vers 1450-1475, obtenait quant à lui 43 750 €. Centré d’armoiries avec aigle d’azur dans un écu cerné de feuillages stylisé sur fond ocre, il est orné de filets concentriques au revers. La Haute Époque était encore remarquée grâce à une Vierge à l’Enfant en majesté entourée de saints et surmontée par une Crucifixion, placée dans la partie ogivale du panneau de bois. Malgré des restaurations anciennes et un état dégradé, cette peinture à l’œuf sur fond or, jusqu’alors inédite sur le marché, était bataillée à 52 500 €. Elle est donnée au Maître de la Miséricorde, actif à Florence vers 1360-1390. Les succès s’enchaînaient, avec une tête de femme en marbre du XVIe siècle, sculptée à l’antique et portant diadème, propulsée à 30 000 € sur une estimation haute de 5 000 €. Un gobelet tronconique augsbourgeois du début du XVIIIe siècle était lui-même emporté à 31 250 €, soit plus du triple de l’estimation. Dû au maître-orfèvre Esaias III Busch, il s’orne d’une scène de badinage courtois du peintre émailleur Johann Jacob Priest.

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