Jacques de Balaguier, baron de Montsalès

Le 01 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

Nouvel opus dédié à la Haute Époque et nouveaux succès pour des pièces historiées et de belle facture. 

Limoges, attribué à Léonard Limosin (vers 1505-vers 1576), plaque en émail peint polychrome avec rehauts d’or représentant le portrait en buste de Jacques de Balaguier, baron de Montsalès, vers 1565-1570, 14 10,1 cm. 
Adjugé : 145 600 

On ne l’attendait pas si haut et c'est pourtant le visage de Jacques de Balaguier, baron de Montsalès, qui a atteint la première marche de cette vacation. Peint à Limoges en émail polychrome avec rehauts d’or vers 1565-1570, très probablement par le grand Léonard Limosin (vers 1505-vers 1576), le gentilhomme, né vers 1535 et mort sur le champ de bataille de Jarnac en 1569, affichait sa prestance à la mode de ces années 1560, à 145 600 €. Le parcours de celui qui fut surnommé «le Brave» est bien documenté. Membre d’une puissante famille catholique du Quercy, proche des cercles des rois François II et Charles IX, il combattit ardemment la Réforme – c’est d’ailleurs un tir à bout portant d’un chef protestant qui lui ôta la vie. François Clouet (vers 1510-1572) fit son portrait en 1565 et la feuille servit de modèle pour cet émail à la belle qualité d’exécution. On prenait ensuite le cap vers l’Orient lointain avec un brûle-parfums en laiton incrusté d’argent et de pâte noire, de forme sphérique (diam. cm), probablement réalisé dans le nord-ouest de l’Iran ou dans le sud-est de l’Anatolie entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle. L’objet en métal incrusté, au décor constitué de nœuds et de fins rinceaux envahissant sa surface, est caractéristique de ces pièces islamiques raffinées, dont les Européens de la fin du Moyen Âge étaient particulièrement friands et qu’ils importaient depuis la Syrie et l’Égypte. Le travail d’incrustation sur cet objet relève de la manière du maître artisan Zaydn ad-Dîn Umar, dont l’atelier était prolifique et dont les œuvres se retrouvaient jusque dans les collections des Médicis. La fascination opère toujours : 96 200 €, tout de même ! Un incroyable memento mori, en ivoire sculpté et gravé avec rehauts de rouge (6,7 3,7 4,7 cm), baissait le rideau. Cette invitation à réfléchir sur la vie et la mort, réalisée à Paris vers 1480-1490, est attribuée à Chicart Bailly, actif entre la fin du XVe et le premier tiers du XVIe siècle. La présence de vers, crapauds et lézards sur les têtes de mort de ce marchand tabletier ajoute au macabre de ses petits objets de dévotion. La vanité, cette fois, présentait une belle santé de 44 200 €.

Panorama (après-vente)

Couple royal

Le 01 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

Dans la vente Haute Époque de la maison Pierre Bergé & Associés du mercredi 23 juin, le musée du Louvre a préempté deux plaques représentant Henri IV (18,2 14,2 cm) et Marie de Médicis (18,1 14,1 cm). Il s’agit de très rares exemples de portraits en haut relief exécutés en fer repoussé damasquiné or et argent, réalisés au début du XVIIe siècle — l’institution parisienne ne pouvait les laisser lui échapper. Ceux-ci sont attribués au médailleur Guillaume Dupré (vers 1576-1643), gendre de Barthélémy Prieur et devenu premier sculpteur du roi en 1611. Le «bon roi» en armure à l’antique était reconnu à 10 400 € et son épouse – encore jeune et svelte –, vêtue à la mode du temps et parée de dentelles et de bijoux, à 4 940 €.

 

 
 
mercredi 23 juin 2021 - 16:00 - Live
Pierre Bergé & Associés
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