God save the king !

Le 15 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Un coffret précieux et royal du XVIIe siècle anglais délivrait ses surprises en matière de sculpture ancienne.

Vers 1670. Coffret au chiffre du roi Charles II d’Angleterre (1660-1685), bois gainé de galuchat, couvercle légèrement bombé, ornementation en argent repoussé et ciselé de rinceaux feuillagés sur fond amati et du chiffre du roi, 11 37 25,7 cm.
Adjugé : 63 302 

La vacation avait débuté le 31 mars avec un bel ensemble d’orfèvrerie (voir l'article Dargent, maître de l’argent de la Gazette no 14, page 68). Elle s’était poursuivie le 1er avril avec des tableaux anciens accompagnés d’objets d’art et d’ameublement, et totalisait 1 603 083 € – 782 392 € pour la seconde journée. Honneur à l’Angleterre et à sa majesté Charles II (1660-1685) avec ce coffret en bois gainé de galuchat, portant une riche ornementation en argent ciselé et repoussé à son chiffre — le «C» et le «R» pour «Carolus Rex», sous la couronne du royaume. Cet objet de prestige, exécuté vers 1670 et qui était porté à la hauteur de 63 302 €, racontait la fascination des Stuart pour le grand style de l’argenterie française du XVIIe siècle. À plusieurs reprises, nombre d’entre eux ont commandé des pièces aux orfèvres parisiens, à l’image d’une toilette par le même Charles II pour sa maîtresse Frances Teresa Stewart, duchesse de Richmond, ou d’une autre au poinçon de Pierre Prévost, offerte en 1677 en cadeau de mariage à Marie d’Angleterre. Charles II n’est pas n’importe quel roi : c’est grâce à ce deuxième fils du souverain décapité Charles Ier et de la reine Henriette-Marie de France – fille d’Henri IV – que les Stuart retrouvent le trône. L’après-midi était riche de nombreux autres domaines et, lancé à La Poursuite de la Maya (149 105 cm), une toile symbolique de Georges-Antoine Rochegrosse (1859-1938) décrochée à 18 991 €, délivrait en premier lieu quelques sculptures. Ainsi 50 642 € étaient-ils reçus par une terre cuite de Clodion (1738-1814), figurant une Jeune fille tenant deux colombes près d’une aiguière (h. 33 cm), illustrant le goût de la seconde moitié du XVIIIe siècle pour les statuettes ainsi modelées, dont l’artiste se fit justement une spécialité et avec lesquelles il connut le succès. On était loin d’en avoir fini avec les sculptures ! Deux numéros plus loin, un bronze donné à une école française du début du XIXe siècle, représentant Neptune chevauchant un dauphin dressé sur une conque (h. 69 cm), surprenait son monde. Le dieu de la mer avançait, royal, et frappait 151 925 €.

Panorama (après-vente)

Pour un scribe ottoman

Le 15 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Précieuse s’il en est, et caractéristique du goût ottoman pour la marqueterie de nacre et écaille de tortue, cette écritoire portative (voir l'article Un bureau portatif ottoman de la fin du XVIIe siècle de la Gazette n° 12, page 48) écrivait son histoire à 36 651 €, le jeudi 1er avril, lors de la vente dirigée par Fraysse & Associés. Son parcours, parfaitement traçable depuis le XVIIIe siècle, contribuait à rendre plus désirable encore cet objet d’art (13,5 33,5 14,7 cm) ayant été utilisé par un scribe de la cour ottomane à la fin du XVIIe siècle. On aimerait savoir quels courriers ont été rédigés avec elle et quel rôle ils ont pu jouer dans les relations diplomatiques de la Sublime Porte…

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