Raffaëlli : tendresse paternelle

Le 20 mai 2020, par Anne Doridou-Heim

C’est avec une délicatesse infinie que Jean-François Raffaëlli a peint sa fille Germaine, pour offrir ce portrait à sa femme.

Jean-François Raffaëlli (1850-1924), Portrait de Germaine, fille de l’artiste, huile sur toile, datée 18 mars 1882, 48,6 48,5 cm.
Adjugé : 207 808 

Un très joli prix est venu se poser sur ce portrait de fillette, véritablement charmant, qui illuminait la page 48 de la Gazette n° 9 (voir l'article Dans l’intimité de Raffaëlli). Un résultat mérité de 207 808 €. L’estimation était des plus douces… Il provient de la succession de Mme S., descendante de ce peintre qui incarne le courant naturaliste au même titre qu’un Jules Bastien Lepage et qu’un Pascal Dagnan-Bouveret. C’est évidemment un tout autre univers qui est là exprimé. On est dans la sphère intime de l’artiste, ce portrait étant celui de sa fille Germaine et dédicacé à son épouse. À regarder la manière dont il est exécuté, on se dit que Raffaëlli flirtait avec l’impressionnisme, et ce avec un talent certain. S’il a emprunté à Edgard Degas ses recherches de mise en page et sa technique du pastel, c’est sans doute influencé par les toiles claires et intimistes de Berthe Morisot qu’il délaisse les sujets populaires pour ces portraits moins conventionnels, nimbés de charme. L’après-midi prenait ensuite la direction de l’Extrême-Orient avec une longue étape en Chine et voyait une sculpture du Bouddha Amitabha en bronze doré être sortie de sa méditation à 90 916 €. Cette image d’une grande sérénité (voir l'article Image de la sérénité de la Gazette n° 9, page 51) fondue en bronze avant d’être dorée sous la dynastie prolifique des Ming (époque Zhengtong 1435-1449) était datée 1442. Les temps avaient changé. Sous Yongle (1403-1424), les bronzes dorés sont sortis en grand nombre des fours impériaux, ils ont ensuite diminué sous le règne de Xuande (1425-1435), une tendance qui s’est confirmée sous Zhentong. Cette sculpture, outre sa présence impressionnante, était donc une pièce rare. Une collection d’éventails dessinés à l’encre sur papier doré sous les Qing (1644-1912), provenant en ligne directe de Jean-Pierre Dubosc, un diplomate passionné d’art chinois, s’animait de belles enchères : 28 537 € pour un modèle dans le style de Jin Nong, représentant des bambous, et 27 275 € pour un autre signé, Zhao Zuo, présentant un paysage lacustre arboré.

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