L’apothéose d’une sainte Marguerite de Rubens

Le 04 avril 2019, par Philippe Dufour
Pierre Paul Rubens (1577-1640), Sainte Marguerite, huile sur panneau de chêne, deux planches, non parqueté, 33 x 45,7 cm.
Adjugé : 1 625 000 €

Annoncée par un Focus détaillé dans la Gazette n° 11 (page 173), la dispersion de deux très importantes collections lilloises, ce dimanche 31 mars, devait constituer un événement assez exceptionnel pour la maison Mercier. Car il est rare de rassembler autant d’œuvres de ce niveau, formant un ensemble unique, dont le score total s’élevait à 3 000 000 €. La vente était dominée par un panneau peint par l’un des plus grands maîtres baroques du XVIIe siècle, Pierre Paul Rubens : sa Sainte Marguerite, enregistrant 1 625 000 €, était finalement ravie par un collectionneur belge. Juste retour au bercail, car l’œuvre n’est autre qu’une esquisse pour un élément du plafond  disparu dans un incendie en juillet 1718  de l’église des jésuites d’Anvers. Sur la deuxième marche du podium, se hissait, avec 250 000 €, La Sainte Famille de Fernando Yáñez de la Almenida, dont le groupe central s’inspirait d’une composition célèbre de Léonard de Vinci, qui influença profondément le peintre espagnol. Italien, Jacopo del Arcangelo del Sellaio l’était de naissance, et dans sa Vierge à l’Enfant et saint Jean-Baptiste, passe le souvenir de son maître Filippo Lippi, comme celui de son confrère Sandro Botticelli, qu’il a côtoyés dans la capitale de la Toscane ; il fallait débourser 143 750 € pour l’acquérir. Quant au dessus d’épinette décoré autour de 1571 par le monogrammiste DLW (actif dans le sud-est de l’Allemagne), il représente un épisode biblique, Le Transport de l’arche de l’alliance, avec force musiciens ; un superbe morceau de peinture qui ne pouvait que plaire, à hauteur de 122 500 €. Retour en Italie, avec quatre panneaux peints à l’œuf et fond d’or, et ayant pour sujets  La Nativité - L’Adoration des Mages - La Fuite en Égypte - La Présentation de l’Enfant : ils relevaient de l’école ombrienne de la décennie 1450-1460. Malgré quelques transformations et usures, il ne fallait pas moins de 102 500 € pour les décrocher. On redescendait de ces hauteurs, pour aborder, avec 37 500 €, trois panneaux de retable peints sur bois, présentés en triptyque avec cadre de bois sculpté dans le goût gothique, du Maître des Luna, exécutés en Castille vers 1480 ; on pouvait y détailler sainte Lucie, sainte Barbe et sainte Apolline.


 

L’épinette, petit clavecin portable à poser sur une table, possède un couvercle souvent décoré, parfois par un peintre de renom. C’est la destination
L’épinette, petit clavecin portable à poser sur une table, possède un couvercle souvent décoré, parfois par un peintre de renom. C’est la destination de ce panneau (48 196 cm), représentant Le Transport de l’arche de l’alliance au temple de Jérusalem, thème en parfait accord avec l’instrument, car la cérémonie biblique nécessitait des musiques sacrées, représentées ici. L’œuvre, achetée 122 500 €, porte le monogramme DLW, la date 1571 et provient de l’Allemagne du Sud.

Fernando Yáñez de la Almenida (vers 1475-1537) voit le jour dans la ville du même nom, située en Castille. Il va devenir l’un des peintres les plus im
Fernando Yáñez de la Almenida (vers 1475-1537) voit le jour dans la ville du même nom, située en Castille. Il va devenir l’un des peintres les plus importants du début de la Renaissance en Espagne, vouant une grande admiration à Léonard de Vinci, qu’il aurait rencontré lors de son voyage en Italie. Le groupe de cette Sainte Famille adjugée 250 000 €, peinte sur panneau (36,5 30 cm), s’inspire de la Madone au fuseau du maître lombard, et se retrouve sur un autre tableau de 1523 de Yáñez de la Almenida, et vendu à New York, par Christie’s, le 30 janvier 2014.
Le Maître de Osma demeure anonyme, mais on sait qu’il appartient au courant hispano-flamand qui se développe en Castille dans le sillage de Diego de l
Le Maître de Osma demeure anonyme, mais on sait qu’il appartient au courant hispano-flamand qui se développe en Castille dans le sillage de Diego de la Cruz. Son nom découle des œuvres qui lui sont attribuées dans la cathédrale de Burgo de Osma ; et il travailla aussi dans la région de Burgos, Valladolid et Palencia. Dans cette représentation de l’Arrivée du corps de saint Jacques au palais de la reine Louve, peinte en Castille vers 1490-1550, un panneau de retable a tempera (66 54 cm), vendu pour 32 500 €, relate l’un des épisodes de la Légende dorée du grand saint espagnol.
Selon Vasari, le Florentin Jacopo del Arcangelo del Sellaio (1422-1493) a fait son apprentissage dans l’atelier de Filippo Lippi où il a dû croiser Sa
Selon Vasari, le Florentin Jacopo del Arcangelo del Sellaio (1422-1493) a fait son apprentissage dans l’atelier de Filippo Lippi où il a dû croiser Sandro Botticelli ; et, en 1460, le voilà inscrit à la corporation des peintres de Saint-Luc. Sa Vierge à l’Enfant et saint Jean-Baptiste, peinte sur panneau (57 49,8 cm), témoigne d’une grande tendresse échangée entre la mère et le fils, sous le regard du jeune saint, sur fond de paysage escarpé. Pour cette scène pleine d’émotion, que l’on peut supposer exécutée pour un oratoire de particulier ou de confrérie, un admirateur avançait 143 750 €.
dimanche 31 mars 2019 - 02:30 - Live
Mercier & Cie
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