Dauchez, le portraitiste de la Bretagne

Le 30 mai 2019, par Anne Doridou-Heim

Tout dans cette toile d’André Dauchez respire l’air de la Bretagne. Un ancrage qui vaut bien un record !

André Dauchez (1870-1948), Le Ramassage du varech, 1906, huile sur toile, 130 162 cm.
Adjugé : 18 600 

Impossible de s’y tromper : le sujet de cette imposante toile, Le Ramassage du varech (130 162 cm), la situe immédiatement en Bretagne, le périmètre naturel de production d’André Dauchez (1870-1948). Autour des travailleurs de la mer, d’autres indices ancrent la composition : la côte rocheuse découpée, les pins courbés par le vent, les voiliers au mouillage, le ciel bleu délavé… Lorsqu’il la réalise, l’artiste parisien est installé à Loctudy, sur la dune de La Palud. Il s’y est fait construire une maison-atelier entre ciel et mer et passe ses étés entre navigation et travail. Comme son beau-frère Lucien Simon (1861-1945), il choisit pour retranscrire ses paysages une autre voie que celle de l’impressionnisme d’où leur appartenance à un groupe nommé la «Bande noire» et des sujets souvent ethnographiques, toujours traités de façon juste, aux infimes variations lumineuses. On lit souvent que sa palette, longtemps dominée par les tons sombres, a évolué vers la couleur en seconde partie de carrière. Cette œuvre, datée 1906, montre qu’à la trentaine déjà il s’adonnait à la lumière et avec beaucoup de délicatesse. Autant de mérites menaient cette toile à «ramasser» 18 600 € et un record mondial au passage (source : Artnet). Venant d’un tout autre univers, un groupe sculpté en Flandres dans le dernier quart du XVe siècle, mettant en scène La Pâmoison de la Vierge (63 42 cm), était retenu à 24 800 €. Exposé au musée Cantini de Marseille en 1952, cet élément de retable y était attribué au Bruxellois Jacques de Gérines (mort en 1464). Son auteur reste donc à découvrir…

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