La pause biblique de Rodolphe Bresdin

Le 22 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

Les œuvres visionnaires de Rodolphe Bresdin ne laissent jamais indifférent, leur rareté sur le marché ajoutant à leur désirabilité.

Rodolphe Bresdin (1822-1885), Repos dans la Fuite en Égypte, figures, 1883, dessin à la plume et à l’encre de Chine sur calque découpé, 21,7 18,5 cm.
Adjugé : 21 760 

Plusieurs œuvres sur papier de Rodolphe Bresdin apparaissaient et donnaient à voir son univers singulier. À l’image d’un James Ensor, il est l’auteur d’un répertoire fabuleux mêlant religion, fantastique et symboles. Travailleur solitaire, ce fils d’un ouvrier tanneur ayant débuté tout jeune a laissé quelque cent cinquante planches gravées ou lithographiées dont Le Bon Samaritain (1861, 44 56 cm, 14 080 €), associant le réalisme et l’imagination. S’il maîtrisait les techniques du papier, l’homme était également un dessinateur hors pair. Aussi, même lorsqu’il choisit un sujet biblique classique, comme ici le Repos dans la Fuite en Égypte (21 760 €), il le situe dans un paysage magnifiquement tourmenté, une atmosphère sombre qui lui donne un aspect étrange. Le Paysage à la masure fantastique (15,5 17,9 cm), exécuté en 1843 à la plume et à l’encre de Chine, en donne lui aussi toute la mesure (21 120 €). Son usage des jeux d’ombre et de lumière, des blancs et des noirs, montre la virtuosité de l’artiste et l’on comprend qu’en son temps il ait séduit des personnalités comme Baudelaire, Mallarmé, Huysmans ou Odilon Redon (1840-1916) – dont d’ailleurs une épreuve sur chine du premier état de son Pégase captif (29,5 33,8 cm) se cabrait à 17 280 €. Mais, absorbé dans ses rêves intérieurs, il était indifférent au succès, qui se poursuit encore aujourd’hui.

Panorama (après-vente)

Engin volant identifié !

Le 22 juillet 2021, par Anne Doridou-Heim

En pleine polémique sur les questions de circulation dans notre belle capitale, impossible de résister au charme de ce Dirigeablobus ou Nouveau moyen de transport parisien imaginaire, mis en image par André Devambez (1867-1944) sur une lithographie (48,4 37 cm). Présenté et recevant 3 840 € chez Ader en salle Favart le 9 juillet (Mme Bonafous-Murat), au-delà de la drôlerie de sa composition, cet incroyable engin volant rappelle que les problèmes d’encombrements à Paris ne datent pas d’hier.

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