Allégories de l’Empire

Le 10 juin 2021, par Sophie Reyssat

Des toiles symboliques, des portraits et une autobiographie ont été préemptés par deux musées napoléoniens.

Mathieu-Ignace Van Brée (1773–1839), Présentation du roi de Rome à la ville de  Gand, huile sur toile, 85 60 cm.
Adjugé : 28 600 €

Que serait un régime sans mise en scène ? Celui de Napoléon Ier a fait un grand usage des symboles et les artistes se sont plus à jouer avec les allégories. Si celle de la victoire d’Austerlitz, fondue dans le bronze d’une pendule attribuée à Thomire, ne trouvait pas preneur (voir l'article Une pendule célébrant Austerlitz de la Gazette n° 21, page 109), le musée du château de Fontainebleau préemptait cette Présentation du roi de Rome à la ville de Gand pour 28 600 €. Tout en fêtant la naissance du fils de l’Empereur, en 1811, le peintre anversois Mathieu-Ignace Van Brée célèbre l’Empire unissant la Belgique à la France, représentées par des jeunes femmes identifiables grâce aux armoiries pour la première, à l’aigle et aux abeilles impériales pour la seconde. Autre moment historique, la victoire navale de Grand Port, remportée par les Français contre les Anglais en août 1810, était transformée en allégorie par le peintre belge Pierre-Joseph-Célestin François. Il s’est inspiré de maîtres comme Raphaël pour ses poses théâtralisées et ses anatomies à l’antique, portées par des nuées dans un puissant mouvement ascensionnel, et réchauffées par de précieuses couleurs. Pour 7 800 €, le même musée faisait entrer la toile dans ses collections (49 59 cm). Il a également acquis, à 2 470 €, les Mémoires d’un soldat de la République 1792-1809, un récit autobiographique de Jean Louis Vanier ramenant à la réalité du terrain… La vie d’Émilie Louise de Beauharnais, nièce de Joséphine, fut également épique, la comtesse de Lavalette ayant sauvé son époux de la mort en se substituant à lui dans sa cellule. Son délicat portrait (46 57 cm), peint par un anonyme en 1816, entre dans la collection du musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau moyennant 11 050 €, contre 7 800 € pour celui, en miniature, de  Napoléon Bonaparte de profil en tenue de général de la République, exécuté par George Engleheart (6,2 5,5 cm).

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