Un ensemble qui ne manque pas de style

Le 21 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Plusieurs objets et pièces d’ameublement exploraient le renouveau des styles du XVIIIe en plein XIXe siècle.

Attribuée à Charles Winckelsen (1812-1871), armoire basse à façade de forme arbalète, ouvrant à deux vantaux à décor marqueté de trophées d’armes, ornementation de bronzes dorés, style Régence, 142 150 56 cm.
Adjugé : 76 200 

Remontons la déclinaison du siècle des Lumières dans l’ordre, à partir de la Régence pour arriver au Louis XVI. Cette armoire basse à la façade de forme arbalète, marquetée de trophées d’armes et présentant une exubérante ornementation de bronze, attribuée à Charles-Guillaume Winckelsen (1812-1871), convoquait le premier style et recevait 76 200 €, affirmant une nouvelle fois la forte demande sur la scène des enchères pour ce type de mobilier. La production de cet ébéniste est peu connue, son nom étant surtout associé, puisque celui-ci acheta son atelier, à celui d’Henry Dasson (1825-1896), une figure bien mieux étudiée. L’estampille de Dasson apparaissait justement quelques lots plus loin, sur un cabinet en acajou, sycomore et filets de buis (141 106 43 cm) aux vantaux décorés de Mars et Vénus, exécutés au vernis Martin sur fond doré : une pièce qui était adjugée 26 670 € et faisait écho à une paire de petites commodes (90 78 48 cm), à décor marqueté de losanges à fleurons, réalisées dans le plus pur style Louis XVI (30 480 €). Elles n’étaient pas signées mais quasiment identiques à des modèles répertoriés de celui qui devint vite un maître, salué par la critique et récompensé lors de chacune des expositions auxquelles il participa. Ses meubles séduisaient alors une large clientèle internationale et, un siècle et demi plus tard, cela ne se dément toujours pas.

Un coffret de Sèvres pour le Louvre

Le 21 novembre 2019, par Anne Doridou-Heim

Par son décor et son style, ce coffret dit «roman», en porcelaine dure de Sèvres et bronze, ouvrait ses arcades à l’histoire.

Sèvres, vers 1846-1853. Coffret à bijoux dit «roman» en porcelaine dure et bronze doré, modèle dessiné par Ferdinand Régnier en 1845, 21 28,5 23,5 cm.
Adjugé : 33 020 

Ce ne sont pas les vitrines de la Cité de la céramique - Sèvres et Limoges que ce coffret à bijoux viendra orner, mais celles du musée du Louvre, qui a fait valoir son droit de préemption à 33 020 €. L’historicisme de l’objet l’a emporté sur la matière. La pièce, en forme de porche d’église médiévale et ainsi dite de modèle «roman», a été exécutée à Sèvres vers 1846-1853 d’après un modèle dessiné par Ferdinand Régnier en 1845 (voir Gazette no 38 du 8 novembre, page 55). Louis-Philippe étant alors sur le trône et la mode médiéviste à son apogée, la grande manufacture n’y coupe pas et s’y adonne avec force pièces de grande décoration, et toujours un haut degré de perfection. Le décor illustre quelques épisodes de la vie de saint Éloi (vers 588-659), qui conseilla comme chacun le sait le bon roi Dagobert Ier, mais fut aussi auparavant l’orfèvre et le maître des monnaies de son père, Clotaire II. Ce n’est qu’en 632 qu’il devient prêtre et fonde un premier monastère, et qu’après la mort de Dagobert sept ans plus tard qu’il quitte la cour pour se consacrer à sa charge ecclésiastique. Promis par ses talents au pouvoir et à une vie de richesse, il choisit l’humilité et la fidélité à son dieu, auquel il enverra avant trépas une supplique : «Souvenez-vous, Seigneur, que ma vie n’est qu’un souffle et un peu de vent».

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