L’opulence de Monnoyer, l’élégance selon Criaerd

Le 09 septembre 2021, par Philippe Dufour

Dans le peloton de tête de cette session estivale brillait un secrétaire estampillé Antoine Mathieu Criaerd, mais alentour s’affichaient d’autres noms célèbres, tels Monnoyer et Cartier.

Attribué à Jean-Baptiste Monnoyer (1636-1699), Nature morte de fleurs animée de putti sur fond de parc architecturé, huile sur toile, 171,8 122,5 cm. 
Adjugé : 11 250 €

Deux jours de ventes à Morlaix ont rassemblé mobilier de choix, tableaux anciens et modernes et bijoux de la meilleure eau. Le 2 août, on débutait avec une très opulente Nature morte de fleurs animées de putti sur fond de parc architecturé (voir l'article Jean-Baptiste Monnoyer, l’amour des fleurs de la Gazette n° 29, page 81). La toile (171,8 122,5 cm) est attribuée à Jean-Baptiste Monnoyer en raison, entre autres, de la présence d’un bas-relief à l’antique à droite de l’œuvre. Pour l’emporter, il fallait avoir prévu 11 250 €. De l’atelier du baron Gérard, provenait ensuite un fier Portrait en buste de Charles X esquissé sur toile (94 78 cm), décroché contre 7 187 €. Pour le XXe siècle, se détachait une Danseuse (204 100 cm), portant la signature de «J. Sorolla B.», qui a été disputée jusqu’à 21 250 €. Dans son sillage, une Ferme avant l’orage (101 163 cm), fixée sur toile par Nikolai Sergeev (1855-1919) ; pour ce paysage contrasté, daté en bas à droite « 81 », on déboursait 10 125 €. Le lendemain 3 août, place tout d’abord aux bijoux, telle une bague solitaire de la maison Cartier en or gris, numérotée « 88254 », sertie d’un diamant de taille brillant de 2,18 ct épaulé de deux diamants taper, saisie à 25 000 €. Retenons encore cette autre bague, également en or gris, sommée quant à elle d’un saphir ovale de Ceylan de 5,05 ct, épaulé de deux diamants troïda et enlevée pour 12 500 €. Au rayon mobilier, on remarquait surtout un secrétaire à rideaux au décor de bois de placage et marqueterie de bois de rose et teinté, datant de l’époque Transition ; il affiche l’estampille recherchée d’Antoine Mathieu Criaerd, reçu maître le 22 avril 1747. Pour détailler ce très élégant travail, on devait en offrir 12 500 €. On pouvait le compléter d’une importante tapisserie en laine et soie, tissée à Felletin, dans la région d’Aubusson, à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe ; représentant un jardin peuplé d’échassiers (248 393 cm), elle était décrochée à 4 500 €.

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