Délicate Adoration

Le 30 mai 2019, par Anne Doridou-Heim

L’Adoration des bergers, un dessin à la plume du fondateur de l’histoire de l’art, Giorgio Vasari, a été justement auréolée.

Giorgio Vasari (1511-1574), L’Adoration des bergers, plume et encre brune sur trait de crayon noir, lavis brun, 19 14,7 cm.
Adjugé : 75 600 

Proche de la Nativité conservée au monastère des Camaldules  pour lequel l’artiste travailla entre 1537 et 1540 , un dessin de Giorgio Vasari (1511-1574) à sujet de L’Adoration des bergers faisait une apparition remarquée et repartait nimbé de 75 600 €. Sa subtile exécution, le velouté de sa plume et sa provenance il porte le cachet de l’ancienne collection de sir Thomas Lawrence (1769-1830) constituaient des atouts indéniables. Ainsi que le mentionne la biographie rédigée par André Chastel pour l’Encyclopédie Universalis, Vasari, à l’instar de certaines figures majeures de la Renaissance, donne «l’impression d’avoir vécu plusieurs existences à la fois» tant il a accompli de choses dans sa vie. Ses activités de directeur des beaux-arts du grand-duché de Toscane et d’architecte ne l’ont pas empêché de mener une carrière soutenue de peintre, et de développer la diffusion de la maniera dans toute l’Italie. En tant que dessinateur, on le décrit comme «rapide et doué». Le Français Pierre Brebiette (vers 1598-1650) bénéficie aussi de qualités, mais il est beaucoup moins reconnu on n’a référencé de lui qu’une seule peinture signée, L’Enlèvement de Proserpine par Pluton (musée des beaux-arts et d’archéologie de Châlons-en-Champagne). Sa présence à Rome est cependant attestée. Là-bas, il s’inspirera volontiers de l’Antiquité et des maîtres de la Renaissance italienne. Ce que montre un Sacrifice antique (12 25 cm), sanguine traitée comme une frise, déposé à 25 200 € sur la table des enchères.

Panorama (après-vente)

Séville au XVIe

L’Andalousie du début du XVIe siècle compte plusieurs centres de création artistiques : Cordoue, Grenade et Séville, qui devient peu à peu une cité importante. En pleine période de Reconquista des souverains très catholiques d’Espagne et de prospérité avec l’arrivée des richesses du Nouveau Monde depuis le port de Cadix , l’affirmation de la «vraie foi» s’impose et les artistes puisent à loisir dans l’histoire des saints et des martyrs. Ils y trouvent largement de quoi alimenter leurs peintures ! Le Maître de Moguer qui a choisi de statufier une figure victorieuse du mal, Saint Barthélemy tenant un dragon enchaîné (117 92 cm - Voir aussi page 51 de la Gazette n° 19 du 17 mai), remportait 18 900 € lors de la vente du vendredi 24 mai à Drouot, menée par Pescheteau-Badin (cabinet Turquin).

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