La Chine frappait trois coups

Le 29 avril 2021, par Anne Doridou-Heim

Outsider lors de cette vente complète de plusieurs spécialités, l’empire du Milieu y régnait sans partage. 

Chine, XVIIe siècle. Statuette de Guanyin debout en bronze à patine brune à traces de dorure, h. 53,3 cm.
Adjugé : 364 800 

La règle se vérifiait une fois encore : les estimations des objets de Chine n’augurent pas de leurs résultats. La vente s’avançait en effet modestement et se concluait par des enchères beaucoup plus ambitieuses. À commencer par le résultat de 346 800 € venu honorer cette statuette de Guanyin en bronze à patine brune du XVIIe siècle, ayant conservé quelques traces de dorure. La divinité féminine du panthéon bouddhique se tient debout, un chasse-mouche dans la main droite. Son visage est serein et elle porte devant sa coiffe, relevée en un chignon, le Bouddha assis devant une mandorle. Les porcelaines étaient tout autant convoitées. Une jarre guan, décorée en bleu sous couverte d’oies sauvages dans un paysage exotique agrémenté de bambous, millet en fleur et cours d’eau (h. 28, diam. 34 cm), s’envolait littéralement à 108 800 €. Il n’est pas fait mention dans la fiche de marque ou de cachet, mais l’on peut supposer une présence sous le talon qui ait retenu l’attention des enchérisseurs… Un résultat quasiment identique, de 101 120 €, attendait une grande plaque murale de forme circulaire (diam. 62 cm), ornée en plein d’émaux de la famille rose. Un paysage en constitue aussi le décor, mais celui-là de montagne avec des pins et des rochers et animé de lettrés attablés, devisant ou dépliant un rouleau peint, ainsi que d’enfants prenant le thé. La pièce date de la période Guangxu (1875-1908). Ces trois artefacts étaient sous la protection d’une grande tuile faîtière caractéristique de la dynastie Ming, en terre vernissée ocre et vert (h. 51 cm), figurant un gardien de temple en armure et en position de défense. Celui-ci assurait son rôle pour 10 880 €. Une infidélité à la Chine et un saut dans le temps nous transportaient enfin vers le Japon du XIXe siècle, où le sabre (o-tanto) wakizashi à lame à gorges (l. 36,2 cm), à l’affût en page 46 de la Gazette n° 14 du 9 avril (voir l'article Arme japonaise), tranchait net 57 600 €.

vendredi 16 avril 2021 - 13:30 - Live
Euvrard & Fabre
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