La philosophie de la collection Pierre Moussa

Le 31 octobre 2019, par Anne Doridou-Heim

Le banquier, disparu cet été, l’avait constituée de coups de foudre. Passion partagée puisque du coffret de Jean Goulden, telle une boîte de Pandore, s’écoulait une pluie de résultats.

Jean Goulden (1878-1947), 1929, coffret sur six pieds en cuivre doré et émail champlevé, 8 32 27 cm.
Adjugé : 162 500 

Honneur à cet objet d’un grand raffinement dû au talent d’un orfèvre en émail de l’époque art déco : Monsieur Jean Goulden (1878-1947). Celui-ci, dont la découverte de cette technique ancestrale auprès des moines orthodoxes du mont Athos est connue (voir l'article Une collection inspirée par l’éclectisme, Gazette no 35 du 18 octobre, page 55), n’aurait produit que quatre-vingt-dix de ces petites merveilles. Celle-ci, datée de 1929, réunit tout le meilleur : un émail parfaitement maîtrisé, une géométrisation raffinée tempérée par la touche japoniste d’un soleil rouge, un sens des couleurs délicat… Aussi est-il tout à fait justifié qu’elle ait reçu 162 500 €, soit la plus haute enchère de la collection, dont la vente s’est conclue sur un total de 948 948 €. Une coupe de forme hexagonale (h. 23 cm) en bronze argenté et émail champlevé, de 1930, traduisait à 83 200 € une autre des facettes de l’artiste. À leurs côtés dans les vitrines et sur les cimaises, dans un désordre historique et géographique qui trahit une curiosité sans bornes, figuraient notamment deux lavis brun et gris de Giacomo Guardi (1764-1835), des caprices vénitiens comme il se doit (33,5 27,7 cm chacun, 15 600 €), une huile allégorique de Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953), Ève et le serpent, peinte en 1914 (45,5 22,5 cm - 54 600 €), un pastel de Maurice Denis (1870-1943) intitulé L’Intruse, vers 1891 (52 20,5 cm - 49 400 €), ou encore une encre et pastel de 1967 de Hans Hartung (1904-1989) griffée et grattée (50 73 cm - 57 200 €). Citons également un Portrait de patricienne à la tête ceinte d’un diadème en marbre blanc (h. 26 cm) sculptée par un artiste de l’époque romaine, qui recevait 41 600 €, et un impressionnant bas-relief (51 37 22 cm) en stuc révélant, à 9 750 €, le visage d’un souverain maya.

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