Un art de vivre à la française, de Bonnard à Cartier, en passant par la romanée-conti…

Le 07 janvier 2021, par Philippe Dufour

Cinq jours de ventes ont redonné des couleurs à cette fin d’année particulière, en mêlant toiles de maîtres et sculptures contemporaines, vins d’exception et bijoux des plus étonnants.

Pierre Bonnard (1867-1947), Table dans un jardin, 1908, huile sur toile signée en bas à droite, 39 44 cm.
Adjugé : 144 325 

En guise de prélude, on débouchait, du 27 au 29 décembre, des flacons très convoités, soit 1 772 lots qui, à eux seuls, devaient totaliser un résultat de plus de 2 500 000 €. Parmi les bourgognes, on relèvera tout particulièrement une bouteille du domaine de la Romanée-Conti, du cru du même nom au millésime de 1999, achetée pour 21 080 €, et, du côté des bordeaux, une caisse recélant six magnums de haut-brion 1989 pour 26 040 €. Le 30 décembre, place aux grands noms de la peinture moderne, Pierre Bonnard en tête : il signait cette Table dans un jardin, brossée en 1908 (39 44 cm), un tableau à l’impeccable pedigree, car passé entre les mains d’Ambroise Vollard (voir l'article Sous la lumière de Pierre Bonnard de la Gazette n° 45, page 87). Répertoriée dans le catalogue raisonné (vol. II, 1906-1919, n° 525), par Dauberville, la toile a fusé jusqu’à 144 325 €. Autre adepte d’une palette libérée, Charles Camoin dépeignait L’Embarcadère du Ferry Boat à Marseille en 1928, toile signée (65 81 cm) et en provenance de collections américaines. La composition, dûment enregistrée en vue du catalogue raisonné en préparation, a ici changé de mains pour 41 415 €. Pour l’art acéré de l’après-guerre, deux résultats notables résonnaient. En premier lieu, celui de 50 200 € remporté par une œuvre à l’acrylique sur carton baryté signée Hans Hartung ; P1967-A48, tel est son nom, porte aussi la date de 1967 (50 73 cm). Suivait Bernard Buffet avec un étonnant Portrait d’Alfred de Musset (1957) : pour cette encre de Chine et crayon (50 32,5 cm), il fallait compter 33 260 €. Le 31 décembre, c’était au tour des créations de haute joaillerie d’éblouir… Tel le collier intitulé Flocon par Cartier, en platine, serti de diamants taille brillant pour un total d’environ 25 ct et terminé par des pampilles (l. 42 cm, poids brut 103,57 g), vendu 61 500 €. Ou encore un rubis birman de forme ovale de 8,66 ct, monté sur or bicolore, entouré de diamants pour un total d’environ 2,20 ct (poids brut 10,01 g), adjugé 50 850 €.
 

Du côté des écrins (M. De Garo), la star a été, avec 115 450 €, cette bague en or bicolore centrée d’un diamant Fancy Light Purplish Pink.
Du côté des écrins (M. De Garo), la star a été, avec 115 450 €, cette bague en or bicolore centrée d’un diamant Fancy Light Purplish Pink. De couleur rose, donc (pureté SI 1), il affecte une forme de poire et accuse 2,21 ct. Il est entouré de neuf diamants baguette pour un total d’environ 1 ct, de couleur D/E et de pureté VVS/VS, ponctués eux-mêmes de diamants roses de taille brillant, le tout étant complété par un pavage de diamants de taille brillant (poids brut 5,44 g). Cette couleur est le fruit d’une réaction, suite à la pression extrême à laquelle la pierre est soumise pendant sa cristallisation.
Provenant de celliers privés et de caves de restaurants étoilés, plusieurs nectars de prestige ont émaillé les sessions des 28 et 29 décem
Provenant de celliers privés et de caves de restaurants étoilés, plusieurs nectars de prestige ont émaillé les sessions des 28 et 29 décembre, dédiées aux plus grands crus (M. Kuzniewski). Ainsi, pour les rouges de Bourgogne, un assortiment de quinze bouteilles du domaine de la Romanée-Conti, de l’année 2010 et réunies dans un seul lot, a été enlevé pour 60 150 € ; il comprenait, entre autres, trois flacons de la-tâche, deux de richebourg, trois de romanée-saint-vivant, ou encore deux de grands-échezeaux, et une de montrachet…

Le travail exigeant du sculpteur Bruno Romeda, adepte des formes géométriques et simplifiées, se laissait apprivoiser grâce, en particulie
Le travail exigeant du sculpteur Bruno Romeda, adepte des formes géométriques et simplifiées, se laissait apprivoiser grâce, en particulier, à ce parallélépipède intitulé Perspective cubique, un bronze daté de 1972. Mesurant 161 cm de hauteur, il a orné – avec d’autres créations du plasticien – une propriété cannoise appartenant depuis les années 1970 à un couple de collectionneurs, ami de l’artiste italien. Ce dernier avait d’ailleurs placé lui-même ses sculptures dans le parc de la demeure. Le parallélépipède aérien a été disputé jusqu’à 29 500 €.
Sur les cimaises, Moïse Kisling (1891-1953) était également bien représenté, à travers deux toiles emblématiques. La plus désirée, à 51 45
Sur les cimaises, Moïse Kisling (1891-1953) était également bien représenté, à travers deux toiles emblématiques. La plus désirée, à 51 455 €, s’intitule Le Modèle (41 33 cm) ; ce nu délicat sera inclus dans le Volume IV et Additifs aux Tomes I, II et III du catalogue raisonné de l’œuvre du peintre, que prépare actuellement l’expert Marc Ottavi. La seconde mettait en scène une caractéristique Nature morte au bouquet (54,5 38 cm) – également incluse dans ce catalogue raisonné – et inscrivait la somme de 29 500 €.
La Gazette Drouot vous offre 4articles.
Il vous reste 3 article(s) à lire.
Je m'abonne