De Stockholm à la brousse, avec Dufy et Lalanne

Le 02 septembre 2021, par Philippe Dufour

Il n’a pas fallu moins de quatre jours pour disperser, à l’hôtel Martinez, les lots de sessions principalement dédiées aux tableaux anciens, à l’art moderne et à la joaillerie.

Jean Dufy (1888-1964), Stockholm, le port, vers 1953-1954, huile sur toile signée, 50 61 cm (détail).
Adjugé : 69 000 

Reproduite en couverture de la Gazette n° 29 (voir l'article Jean Dufy, un Normand à Stockholm), cette joyeuse vision de Stockholm, le port, fixée sur toile (50 61 cm) par Jean Dufy vers 1953-1954, a porté chance à la grande vente cannoise. Se détachant d’une sélection pointue d’œuvres du XXe siècle, la peinture – caractéristique du travail de l’artiste consacré aux ports d’Europe et d’Amérique – a finalement obtenu 69 000 € ; précisons qu’il porte la référence B 730 dans le catalogue raisonné établi par Jacques Bailly. Du même Dufy, l’on pouvait aussi décrocher, à condition d’en offrir 66 500 €, Calèches et cavaliers au bois de Boulogne (46,5 65,5 cm), des environs de 1950, une œuvre tout aussi fourmillante de personnages stylisés (n° 393 du catalogue raisonné). Quant à la peinture plus ancienne, elle s’illustrait par un paysage de Camille Corot intitulé Trois personnages au marais, exécuté vers 1865-1870. La toile (25 33 cm), adjugée 46 350 €, est bien répertoriée dans le cinquième supplément à l’œuvre de Corot par Robaut et Moreau-Nélaton (Paris, 1905). Puis à 25 100 €, résonnait La Répétition avant le concert du Hollandais Lumen Portengen (138 173 cm). Du côté des pièces en volume, a brillé cet étonnant Rhinocéros bleu (voir l'article Un rhinocéros dévastateur de François-Xavier Lalanne reproduit page 72, Gazette n° 29), dû à l’imagination fertile de François-Xavier Lalanne… Il s’agit d’un bronze à patine émaillée bleue signé du monogramme, daté de 1981 et numéroté « 72/150 », aux éditions Artcurial (25 55 15 cm), qui a foncé jusqu’à 56 500 €. À ce chapitre, la véritable surprise venait des portes à parement et à deux vantaux – inspirées de celles du Baptistère de Florence – par Fernand Bielle. Réalisé entre 1940 et 1945 par cet orfèvre et ingénieur de Bayonne, l’ensemble (240 162 cm) s’orne de bandeaux ciselés en ronde bosse des principales scènes de la vie de Jésus-Christ, pour la plupart en argent et vermeil sur fond de lapis-lazuli. La pièce impressionnante devait trouver preneur à 72 800 €. Les bijoux étaient aussi de la fête cannoise, dont un virtuose bracelet de la maison Ferret en forme de panthère (voir Gazette n° 29, page 85). Transformable en broche, la parure (22 cm) est en or blanc articulé, entièrement sertie de diamants taille brillant, pour environ 25 ct, et tachetée d’émail noir. On la portait pour 30 750 €. 

Fernand Bielle (1899-1975), vers 1940-1945, portes à parement et deux vantaux, scènes et personnages en vermeil ou argent sur fond de lapi
Fernand Bielle (1899-1975), vers 1940-1945, portes à parement et deux vantaux, scènes et personnages en vermeil ou argent sur fond de lapis-lazuli, cadre en acajou (détail). Poids total : 380 kg env.
Adjugé : 72 800 €
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