Des témoins de l’histoire du Second empire

Le 06 février 2020, par Philippe Dufour

La dispersion de la collection du général Charles Auguste Frossard (1807-1875) a attiré à Dijon les collectionneurs de décorations et ceux des souvenirs de l’héritier de Napoléon III.

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), Buste du prince impérial, époque second Empire, marbre blanc de Carrare, marqué «S.A. Le Prince Impérial» et «J. Bte CARPEAUX Tuillerie - Pâques 1865», h. 63 cm.
Adjugé : 56 250 

Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879) présidait la session à travers une œuvre bien connue, due au ciseau de Jean-Baptiste Carpeaux : le Buste du prince impérial (h. 63 cm). En marbre blanc de Carrare, il repose sur une base carrée de 16 cm, marquée en façade «S.A. Le Prince Impérial» et sur le côté, «J. Bte CARPEAUX Tuillerie - Pâques 1865». Soit l’année suivant celle où l’artiste a été invité au palais pour donner des leçons de dessin et de modelage au petit garçon de 8 ans. Il réalisera deux portraits de l’héritier de la dynastie, le premier le mettant en scène avec son chien Nero, et le second étant ce célèbre buste, commandé par l’impératrice Eugénie, qui connaîtra de nombreuses versions. Celle-ci devait être bataillée jusqu’à 56 250 €. Le 23 décembre 1858, à Cherbourg, est lancé L’Aigle, le yacht impérial. Pour meubler la cabine du jeune prince, on a fait appel à l’un des principaux fournisseurs de la cour : Alexandre Georges Fourdinois, ébéniste sis rue Amelot à Paris. Ce mobilier complet en citronnier, avec moulures et filets d’amarante, était proposé ici, et recueillait 8 500 € ; il se compose d’une bibliothèque, d’un bureau, d’un lit avec deux tiroirs à la base, et d’un meuble de toilette à dessus de marbre et miroir, avec sa garniture en porcelaine au chiffre impérial. L’autre versant de la vacation était ponctué de décorations décernées au général Frossard (voir l'article Général de Napoléon III de la Gazette n° 3, page 64). Ainsi, pour le royaume d’Italie, un ensemble de grand-croix de l’ordre du Mérite militaire de Savoie – comprenant deux croix en or émaillées et une plaque d’argent avec son écharpe –, s’accompagnait de son diplôme, daté de 1860 (12 500 €). De même, pour l’Empire ottoman, un ensemble de grand officier de l’ordre de l’Osmanie – une croix en argent, or et vermeil émaillée, et une plaque en argent et vermeil émaillée, avec sa cravate –, était muni de son diplôme turc (8 125 €).

samedi 01 février 2020 - 14:30 - Catalogue
Cortot et Associés
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