Frantisek Kupka, à la charnière de deux époques

Le 25 mars 2021, par Philippe Dufour

Un équidé traverse ce paysage, éternel et pourtant si moderne, tandis que du beau mobilier d’ébénistes parisiens donnait aussi le ton.

Frantisek Kupka (1871-1957), Le Cheval blanc, la chapelle Sainte-Anne devant la mer, Trégastel, 1909, huile sur toile, signée et datée en bas à droite, 54,5 81,5 cm.
Adjugé : 774 900 

Très attendue, une toile de jeunesse de Frantisek Kupka a dominé cette vacation, provenant d’une collection privée bretonne. Analysée en Avant-première dans la Gazette n° 9 (voir l'article La Bretagne légendaire de Kupka page 18), Le cheval blanc, la chapelle Sainte-Anne devant la mer, Trégastel, de 1909, a plus que doublé son estimation haute, emportant pas moins de 774 900 €. Il est vrai que ce paysage symbolique (54,5 81,5 cm) se situe à la charnière des périodes figuratives et abstraites du chantre de l’orphisme. Il rappelle aussi la fascination du peintre tchèque – à l’instar de nombre de ses concitoyens artistes – pour une Bretagne éternelle. Le restant des lots était issu de la dispersion du contenu du château de la Paluelle, dont une impressionnante commode d’époque Transition, estampillée RVLC (et poinçon de jurande), soit de Roger Vandercruse dit Lacroix, reçu maître en 1755 (88,5 134 57 cm). Le meuble se pare d’une marqueterie de treillage amarante, avec quartefeuilles en érable sur fond de satiné et entourages de bois de rose. À ressaut central, il s’orne de bronzes ciselés et dorés, dont un cul-de-lampe au masque de Mercure… Tout pour séduire un acheteur prêt à débourser 57 810 €. Antérieure, car d’époque Louis XV, une autre commode, estampillée de Léonard Boudin, affichait un caractère exceptionnel, puisqu’en bois laqué polychrome de bouquets de rose dans des rinceaux sur fond vert d’eau (86 147 67 cm). Elle méritait ses 46 740 €. Côté cimaises, un tableau sortait du lot : une Nature morte au panier de figues, miche de pain et assiette en porcelaine bleue et blanche sur un entablement en pierre, signée «Gios: R.» pour Giuseppe Recco. La toile (58 71,5 cm) caractéristique de la production de ce Napolitain talentueux du XVIIe siècle qui finira ses jours en Espagne – chaque élément est traité dans une matière épaisse, presque savoureuse –, a suscité l’enchère de 38 130 €.

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